Modifié le 09 novembre 2017

La présidente du Parlement catalan mise en liberté sous caution

La présidente du Parlement catalan Carme Forcadell.
La présidente du Parlement catalan Carme Forcadell. [Juan Carlos Rojas - Anadolu/AFP]
Le Tribunal suprême d'Espagne a ordonné jeudi la remise en liberté conditionnelle de la présidente du Parlement catalan, Carme Forcadell, contre le versement d'une caution, a indiqué une source proche de cette instance.

La décision de libérer Carme Forcadell contre une caution va à l'encontre de la requête du procureur général. Dans l'attente du versement de 150'000 euros (173'600 francs), elle sera maintenue en détention provisoire, dit-on de même source.

Accusés notamment de sédition, de rébellion et de détournement de fonds publics, elle et cinq autres membres du Parlement catalan ont été entendus par le Tribunal suprême à Madrid.

Huit personnes incarcérées

Le procureur a demandé au juge du Tribunal suprême de laisser en liberté les deux autres députés catalans convoqués. Huit anciens membres du gouvernement catalan et les dirigeants des deux associations de masse indépendantistes sont déjà derrière les barreaux dans l'attente de leur procès pour leur rôle dans le processus d'indépendance.

Carme Forcadell, inculpée après la déclaration d'indépendance votée le 27 octobre par le Parlement régional, a assuré devant le juge qu'elle n'avait pas, en tant que présidente du Parlement, "la liberté d'interdire un vote", selon un porte-parole de l'élue. C'est elle qui avait compté les bulletins des élus ayant voté pour la sécession, 70 sur 135.

"Prisonniers politiques"

Le président catalan destitué Carles Puigdemont a lui quitté l'Espagne pour la Belgique avec quatre autres "ministres", visés désormais par un mandat d'arrêt de la justice espagnole.

Carles Puigdemont, également visé par ce mandat, a signé jeudi une lettre publiée par un quotidien catalan, El Punt Avui, réclamant la "libération des prisonniers politiques retenus en otage par l'Etat espagnol".

L'organisation de défense des droits humains Amnesty International écarte cependant l'idée qu'ils soient des "prisonniers d'opinion", au motif qu'"ils sont accusés d'actes qui peuvent constituer des délits". A noter que le délit de rébellion est passible en Espagne de 15 à 30 ans de prison, celui de sédition d'un maximum de 15 ans.

agences/hend

Publié le 09 novembre 2017 - Modifié le 09 novembre 2017