Modifié le 12 octobre 2017

Victimes de leur popularité en Chine, les lucioles sont menacées d'extinction

Toutes les occasions sont bonnes pour organiser des lâchers de lucioles en Chine.
Victimes de leur popularité, les lucioles menacées d'extinction en Chine Tout un monde / 3 min. / le 12 octobre 2017
Les lucioles, très prisées en Chine pour apporter une ambiance féérique lors de célébrations, sont au coeur d'un juteux marché. Mais la multiplication des chasseurs de vers luisants met désormais l'espèce en danger.

Pas moins de 17 millions de lucioles ont été écoulées en Chine en 2017 et ce commerce a généré près de 28 millions de francs en Chine l’an dernier. Cette activité très lucrative provoque un désastre pour l’espèce, dénonce Fu Xihuan, professeur de biologie à l’université de Wuhan.

Ce spécialiste des lucioles est parmi les premiers à avoir pointé du doigt le problème. "Les lucioles sont extrêmement dépendantes de leur écosystème, si elles sont relâchées ailleurs, en pleine ville notamment, elles survivent à peine un jour et leur vie est déjà très courte. Le résultat c'est l'effondrement du nombre d'individus de l'espèce qu'on a constaté ces dernières années", déplore-t-il.

Les lucioles sont extrêment dépendantes de leur écosystème, si elles sont relâchées en pleine ville, elles survivent à peine un jour et leur vie est déjà très courte

Fu Xihuan, professeur de biologie à l’université de Wuhan
 

Mais l’annonce de la disparition des lucioles a suscité un véritable émoi en Chine. Un parc à lucioles devait ouvrir il y a peu aux abords de Shanghai, mais face aux protestations, il n’a jamais vu le jour. Les médias chinois se sont emparés du sujet et les autorités de plusieurs provinces ont proscrit la capture de vers-luisants. "Le relai médiatique a été très positif, le public sensibilisé."

Si cette évolution est encourageante, le problème est loin d’être réglé. Le pays assiste désormais à la mise en place d’un véritable trafic. Fu Xihuan ne se fait pas d’illusion. "Tant qu'il y a de la demande, il y aura toujours un marché. Mais là, on a quand même gagné une bataille."

Michaël Peuker/lgr

Publié le 12 octobre 2017 - Modifié le 12 octobre 2017