Modifié le 13 octobre 2017

Le conservateur autrichien "Sebastian Kurz est une marque à lui tout seul"

La diplomate autrichienne Ursula Plassnik.
La diplomate autrichienne Ursula Plassnik. [Bernhard J. Holzner - Keystone]
"Sebastien Kurz a appris à se battre et à s'organiser." L'ambassadrice d'Autriche en Suisse, Ursula Plassnik, revient sur l'ascension du jeune conservateur de 31 ans, qui pourrait remporter les législatives autrichiennes dimanche.

A quelques jours des élections, avec environ 33% des intentions de vote, les conservateurs du Parti populaire autrichien (ÖVP) sont crédités d'une solide avance sur les sociaux-démocrates (SPÖ) du chancelier Christian Kern.

Le FPÖ (Parti de la liberté, droite populiste) et le SPÖ sont en concurrence pour la deuxième place, avec chacun 25% d'intentions de vote dans les sondages.

Ces élections pourraient ainsi voir l'arrivée au pouvoir de Sebastian Kurz, qui a pris le contrôle de la droite autrichienne et provoqué des législatives anticipées.

"Symbole du renouveau"

L'actuel ministre de l'Intégration, des Affaires européennes et internationales a toutes les chances de devenir, à 31 ans, le plus jeune dirigeant européen. "Il a réussi à se positionner en symbole du renouveau dans un système politique autrichien qui a ses fatigues", a indiqué Ursula Plassnik dans La Matinale jeudi.

Selon l'ambassadrice de l'Autriche en Suisse, elle-même membre de l'ÖVP, l'ascension de Sebastian Kurz tient à son apprentissage sur le terrain, ainsi qu'à sa personnalité: "Il a appris ce que beaucoup d'autres personnes apprennent dans des conditions difficiles, c'est-à-dire à se battre, à s'organiser et à s'entourer de gens fidèles et de conseillers précieux. Mais tout cela ne suffit pas. Il a un caractère remarquable, ce n'est pas la copie de quelqu'un, c'est une marque à lui tout seul et le parti conservateur et une partie du centre en profite."

Pas de dégât d'image

Alors que le parti de droite dure FPÖ pourrait faire son entrée au gouvernement dimanche, et que son leader Heinz-Christian Strache a été dépeint dans la presse comme un néonazi, Ursula Plassnik a dit ne pas craindre de dégât d'image pour l'Autriche: "Ce n'est pas une question nouvelle. Le FPÖ a déjà fait partie d'un gouvernement national deux fois".

Parler "d'extrême droite" est trop fort, a-t-elle par ailleurs estimé: "J'utiliserais plutôt le terme populiste de droite. C'est d'ailleurs comme cela que la nature du FPÖ a été décrite en 2000 dans le rapport des sages (...) L'Autriche a une législation très stricte contre tout ce qui est nazi et néonazi. La position légale et de fait est tout à fait claire".

>> Ecouter l'interview complète d'Ursula Plassnik:

L'invitée de Romain Clivaz - Ursula Plassnik
La Matinale - Publié le 12 octobre 2017
 

Propos recueillis par Romain Clivaz

Texte web: hend

Publié le 12 octobre 2017 - Modifié le 13 octobre 2017