Modifié le 11 octobre 2017

Le gouvernement espagnol fixe un ultimatum au président catalan

Mariano Rajoy réagit à la déclaration d'indépendance catalane
Mariano Rajoy réagit à la déclaration d'indépendance catalane L'actu en vidéo / 1 min. / le 11 octobre 2017
Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a annoncé mercredi avoir donné cinq jours au président séparatiste catalan Carles Puigdemont pour clarifier s'il a déclaré l'indépendance de la Catalogne ou pas.

Si le chef de l'exécutif catalan confirme d'ici au lundi 16 octobre qu'il a déclaré l'indépendance, il aura trois jours supplémentaires pour revenir sur sa décision.

Dans le cas contraire, le gouvernement espagnol invoquera l'article 155 de la Constitution, qui permet à Madrid de suspendre l'autonomie d'une région, rapporte mercredi l'agence de presse Efe.

>> Lire:  L'article 155, l'arme de Madrid en cas de déclaration d'indépendance catalane

Par contre, si le président séparatiste catalan Carles Puigdemont "respectait la loi, cela signifierait la fin d'une période d'illégalité et d'incertitude", a aussi déclaré le chef du gouvernement Mariano Rajoy.

Ce dernier s'exprimait à l'issue du conseil des ministres et au lendemain du discours très attendu de Carles Puigdemont devant le Parlement régional à Barcelone. Le président catalan a symboliquement déclaré mardi l'indépendance de la Catalogne tout en gelant la mise en oeuvre du processus afin de permettre un dialogue avec Madrid.

>> Lire: Le président catalan temporise sur l'indépendance et sème la confusion

Réforme de la Constitution à l'étude

De son côté, le chef du Parti socialiste espagnol (PSOE), principale force d'opposition, a annoncé mercredi un accord avec Mariano Rajoy. Le gouvernement et l'opposition vont étudier une réforme de la Constitution, a-t-il précisé.

"Nous sommes convenus que l'heure est venue d'aborder la réforme constitutionnelle", a déclaré Pedro Sanchez, précisant que le débat à la Chambre des députés permettrait de discuter de comment "la Catalogne reste en Espagne, pas de comment elle s'en va".

Un ministre dénonce une "duperie"

En matinée, le ministre espagnol des Affaires étrangères avait dénoncé une duperie, revenant sur le discours du chef de l'exécutif catalan. "Je l'ai compris comme une duperie, franchement, encore une fois, des ruses qu'ils font pour dire une chose et son contraire", avait déclaré Alfonso Dastis sur la radio française Europe 1.

"Il dit qu'ils assument leur droit à l'indépendance après le résultat du prétendu référendum (du 1er octobre), puis il demande au Parlement de suspendre les effets de cette déclaration", a-t-il réagi, jugeant "choquante cette façon de traiter" l'assemblée.

agences/tmun/vtom

Publié le 11 octobre 2017 - Modifié le 11 octobre 2017

La signature d'une déclaration d'indépendance était "symbolique"

La déclaration d'indépendance de la Catalogne est pour l'instant un "acte symbolique", a déclaré mercredi le porte-parole du gouvernement régional. Elle a été signée mardi soir par l'ensemble des élus indépendantistes du Parlement régional et le président catalan Carles Puigdemont.

"La déclaration doit être faite par le Parlement de Catalogne", ce qui n'a pas été le cas, a expliqué le porte-parole Jordi Turull. La signature était "un acte symbolique par lequel nous avons tous signé notre engagement de déclarer l'indépendance".

Des manifestants pénètrent dans l'ambassade espagnole à Athènes

Des militants anarchistes ont fait irruption mercredi à l'ambassade d'Espagne à Athènes où ils ont jeté des tracts en faveur de l'indépendance de la Catalogne, rapporte un membre du personnel de la mission.

"Entre 15 et 20 personnes ont pénétré dans l'ambassade et ont lancé des tracts. Ils n'ont rien cassé. Les tracts disent : 'La solidarité est l'arme du peuple", a-t-il expliqué à Reuters. Ils ont en outre déroulé sur la façade une banderole avec le slogan "No Pasaran !" (Ils ne passeront pas !), mot d'ordre des républicains pendant la guerre d'Espagne. La police grecque dit avoir procédé à 19 arrestations.