Modifié le 05 octobre 2017

Pression de la justice et des banques sur les indépendantistes catalans

Crise en Espagne: parlement catalan privé de session
Crise en Espagne: parlement catalan privé de session 19h30 / 2 min. / le 05 octobre 2017
La pression s'est accrue jeudi sur les séparatistes au pouvoir en Catalogne. Ses deux principales banques menacent de déménager ailleurs en Espagne, tandis que la justice interdit une séance parlementaire sur l'indépendance.

Ces deux sévères avertissements tombés coup sur coup visent le gouvernement indépendantiste de Carles Puigdemont, qui a déclenché une crise politique sans précédent en Espagne depuis que le pays est redevenu démocratique, en 1977.

A la mi-journée, la Cour constitutionnelle espagnole a suspendu la séance prévue lundi au Parlement catalan, au cours de laquelle il envisageait une déclaration unilatérale d'indépendance de cette riche région pesant près de 20% du PIB espagnol.

Carme Forcadell, la présidente du Parlement régional, a accusé Madrid de vouloir résoudre ses difficultés politiques dans les tribunaux et a promis que l'assemblée catalane ne serait pas muselée. Les dirigeants des groupes parlementaires n'ont toutefois pas encore décidé s'ils défieraient la Cour constitutionnelle, a-t-elle précisé.

>> Lire aussi: Carles Puigdemont, le guide jusqu'au-boutiste des séparatistes catalans

Vers un changement du siège social

Banco Sabadell, deuxième banque de Catalogne - cinquième en Espagne - a annoncé le transfert de son siège social à Alicante (sud-est), après la dégringolade de son cours en bourse la veille. La procédure ne concerne pas le personnel et démarrera vendredi, a indiqué un porte-parole.

CaixaBank, troisième banque d'Espagne, réunira pour sa part vendredi un conseil d'administration extraordinaire pour décider elle aussi d'un éventuel changement de siège social.

Les milieux économiques se montent de plus en plus anxieux, craignant d'être exclues de la zone euro, s'ils restent dans une Catalogne indépendante. Car si la Catalogne devenait indépendante, elle "ne serait pas membre" de l'UE, a rappelé Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques.

Risque de poursuites pénales

L'impasse est totale entre le gouvernement espagnol du conservateur Mariano Rajoy et les autorités catalanes, à l'origine du référendum d'indépendance interdit de dimanche qu'elles assurent avoir remporté.

La crise, qui menace de déstabiliser l'Europe un peu plus d'un an après le Brexit, s'est encore aggravée après les brutalités policières ayant émaillé ce référendum.

Depuis, en dépit de multiples offres de médiation, aucun rapprochement ne s'est produit.

>> Lire aussi: Le président catalan accuse le roi d'Espagne et redemande une médiation

En suspendant la séance plénière qui devait être consacrée à examiner les résultats du référendum, la cour prévient en outre la présidente indépendantiste du parlement Carme Forcadell et les membres du bureau des présidents de cette assemblée des risques pénaux encourus s'ils ignorent cette suspension.

L'exécutif catalan et la majorité séparatiste du Parlement (72 élus sur 135) ont toujours ignoré les décisions de la Cour depuis qu'elle a déclaré que le référendum était contraire à la Constitution, ce qu'ils pourraient encore faire lundi.

>> Les précisions de Marie Bolinches au 19h30:

Crise en Espagne: les précisions de Marie Bolinches
19h30 - Publié le 05 octobre 2017

agences/fme

Publié le 05 octobre 2017 - Modifié le 05 octobre 2017