Modifié le 04 octobre 2017

L'UE appelle au dialogue et soutient l'Etat espagnol dans la crise catalane

Le Néerlandais Frans Timmermans est le vice-président de la Commission européenne.
Le Néerlandais Frans Timmermans est le vice-président de la Commission européenne. [Patrick Seeger - EPA/Keystone]
Le vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans a affirmé mercredi qu'il était "grand temps de dialoguer", dans "le respect de la Constitution" espagnole, afin de résoudre la grave crise politique en Catalogne.

"Il est nécessaire de dégager un accord commun pour aller de l'avant en Espagne", a ajouté Frans Timmermans lors d'un débat d'urgence du Parlement européen à Strasbourg, dans l'est de la France. Dans sa déclaration, il s'est livré à un plaidoyer en faveur de l'Etat de droit, en apportant un soutien appuyé au gouvernement de Madrid.

Le numéro deux de la Commission européenne a critiqué le choix du gouvernement catalan d’organiser un référendum jugé contraire à l’ordre constitutionnel espagnol en rappelant que les sociétés européennes, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, s’étaient reconstruites sur les principes de démocratie, d’Etat de droit et de droits de l’homme.

"Un usage proportionné de la force"

"La tâche de respecter et défendre l'Etat de droit peut parfois nécessiter un usage proportionné de la force", a-t-il souligné, en évoquant les violences - des "images qui nous ont beaucoup attristé", a dit le bras droit du président Jean-Claude Juncker - ayant émaillé le référendum d'autodétermination de dimanche en Catalogne.

Le représentant de Bruxelles a implicitement fermé la porte à l’hypothèse d’une médiation de l’Union européenne, demandée lundi par Carles Puigdemont, le président de l'exécutif catalan. Selon lui, "il s’agit d’une question interne de l’Espagne qui doit être gérée conformément à l’ordre institutionnel et constitutionnel de l’Espagne.

>> Lire aussi: Le président séparatiste catalan Carles Puigdemont souhaite une "médiation"

La situation s'envenime en Espagne

Mercredi, la situation s'est encore envenimée en Espagne après l'annonce de l'inculpation prochaine pour "sédition" de quatre personnes, dont le chef de la police catalane. Mardi soir, le roi Felipe VI avait adressé une charge cinglante aux dirigeants, les accusant de s'être mis "en marge du droit et de la démocratie" en organisant un référendum d'autodétermination.

Les indépendantistes ont eux aussi durci leur position. Au lendemain d'une manifestation monstre qui a réuni des centaines de milliers de personnes à Barcelone, Carles Puigdemont a ainsi indiqué que le proclamation de l'indépendance de la Catalogne n'était "qu'une question de jours". Le leader séparatiste devait d'ailleurs s'exprimer en fin de journée.

>> Carles Puigdemont s'exprime sur l'indépendance catalane:

CORRECT Puidgemont Catalogne
L'actu en vidéo - Publié le 04 octobre 2017
 

agences/dk

Publié le 04 octobre 2017 - Modifié le 04 octobre 2017

90% de oui, selon les résultats provisoires

D'après les résultats provisoires communiqués lundi, le oui à l'indépendance de la Catalogne l'a emporté avec 90% des 2,26 millions de votants - soit une participation légèrement supérieure à 42% - dans ce scrutin qualifié d'illégal par l'Etat espagnol.

La Catalogne est profondément divisée et le dernier sondage des autorités catalanes, publié en juillet, montrait que les adversaires de l'indépendance restaient plus nombreux que ses partisans (49,4% contre 41,1%).