Publié le 12 août 2017

Pour 20 milliards, la Libye pourrait bloquer les migrants à sa frontière sud

Le maréchal Khalifa Haftar, ici à La Celle-Saint-Cloud près de Paris, lors des négociations interlibyennes le 25 juillet 2017.
Le maréchal Khalifa Haftar, ici à La Celle-Saint-Cloud près de Paris, lors des négociations interlibyennes le 25 juillet 2017. [Philippe Wojazer - EPA/Keystone]
L'homme fort de l'Est libyen, Khalifa Haftar, estime à "20 milliards de dollars sur 20 ou 25 ans" l'effort européen nécessaire pour aider à bloquer les flux de migrants à la frontière sud du pays.

"Le problème des migrants ne se résout pas sur nos côtes. S'ils ne partent plus par la mer nous devons les garder nous et la chose n'est pas possible", a expliqué samedi Khalifa Haftar au quotidien italien Corriere della Sera.

"Nous devons au contraire travailler ensemble pour bloquer les flux sur 4000 kilomètres à la frontière désertique libyenne du Sud. Mes soldats sont prêts. Je possède la main-d'oeuvre, mais il me manque les moyens", poursuit le chef d'une force autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL).

Liste en préparation

Le président français Emmanuel Macron "m'a demandé ce dont on a besoin, je suis en train de lui envoyer une liste", précise le maréchal Haftar.

Dans la liste figureront "des formations pour les gardes-frontières, des munitions, des armes, mais surtout des véhicules blindés, des jeeps pour le sable, des drones".

Un vaste programme qu'il estime à "environ 20 milliards de dollars sur 20 ou 25 ans pour les pays européens unis dans un effort collectif".

ats/ebz

Publié le 12 août 2017

Flux en provenance de toute l'Afrique

A titre de comparaison, "la Turquie prend six milliards" à Bruxelles "pour contrôler un nombre infiniment inférieur de réfugiés syriens et quelques Irakiens", a fait remarquer Khalifa Haftar.

"Nous, en Libye, nous devons contenir des flux gigantesques de personnes arrivant de toute l'Afrique".

Accord de principe entre rivaux libyens

Fin juillet, Khalifa Haftar et son rival Fayez al-Sarraj, chef du gouvernement d'entente nationale, se sont mis d'accord sur une déclaration de principes en dix points. Ils s'y engagent notamment à un cessez-le-feu et à organiser des élections le plus rapidement possible, lors d'une rencontre en région parisienne sous l'égide du président français.

Le maréchal Haftar, revenu de vingt ans d'exil en 2011 au moment de la révolution libyenne, est soupçonné par ses détracteurs de vouloir prendre le pouvoir en Libye et de n'avoir aucune intention de se soumettre au pouvoir civil.