Modifié le 13 juin 2017

La loi controversée sur les ONG adoptée par le Parlement en Hongrie

Une manifestation à Budapest le 12 avril 2017 contre le projet de loi sur les ONG soumis au Parlement en Hongrie.
Plusieurs manifestations ont eu lieu en Hongrie contre le projet de loi sur les ONG, comme ici le 12 avril dernier à Budapest. [Zoltan Balogh - MTI via AP/Keystone]
Le Parlement hongrois a adopté mardi une loi controversée renforçant le contrôle gouvernemental sur les ONG bénéficiant de fonds étrangers. Cette disposition est critiquée par l'Union européenne et les Nations unies.

La loi, portée par le Premier ministre Viktor Orban, vise en particulier les organisations soutenues par le financier américain George Soros, bête noire du leader nationaliste hongrois. Elle a été adoptée par 130 voix contre 44 et 24 abstentions.

Elle oblige les ONG bénéficiant annuellement de plus de 24'000 euros de fonds étrangers à fournir une liste annuelle de leurs principaux soutiens financiers étrangers et à se présenter explicitement comme "organisation bénéficiant de financements étrangers".

Texte jugé discriminatoire et disproportionné

L'examen du texte, préparé depuis plusieurs mois, avait été reporté à plusieurs reprises sur fond de critiques grandissantes contre cette mesure jugée discriminatoire par ses détracteurs. Des manifestations contre le texte avaient eu lieu à Budapest.

Des experts du Conseil de l'Europe avaient appelé la Hongrie à modifier le projet, estimant notamment "disproportionnées" les sanctions encourues par les ONG, notamment leur possible dissolution, en cas d'infraction.

afp/dk

Publié le 13 juin 2017 - Modifié le 13 juin 2017

Politique anti-Soros et anti-migrants de Viktor Orban

Ce projet de loi, ainsi qu'une loi sur les universités étrangères adoptée en avril et perçue comme visant l'Université d'Europe centrale (CEU), fondée à Budapest par le milliardaire américain d'origine hongroise George Soros, ont été condamnés par l'Union européenne.

Viktor Orban a fait de George Soros sa bête noire. Il l'a récemment qualifié d'"ennemi public" en raison des valeurs libérales et jugées pro-migrants que le milliardaire promeut via des organisations qu'il finance en Europe.

L'UE menace d'ailleurs de lancer des procédures d'infraction en juin contre la Hongrie si elle refuse toujours d'accueillir des demandeurs d'asile depuis l'Italie et la Grèce, comme l'impose un plan européen de 2015.