A Morteau, la tentation du vote Front national

Plongée dans le quotidien de Français ordinaires, aux quatre coins du pays. A l'approche de l'élection présidentielle, ils se livrent sur leurs attentes pour l'avenir.

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Jean-Christophe ou le désarroi du garagiste

Rendez-vous était pris avec Jean-Christophe Bole, 36 ans, garagiste à Morteau (Franche-Comté), à l'heure où une file ininterrompue de voitures immatriculées en France font le chemin en sens inverse direction Le Locle (NE). Morteau, petite ville de quelque 6000 habitants, est voisine de la frontière suisse. Beaucoup d'habitants de ce coin du Doubs rêvent de l'"eldorado" helvète depuis la prime enfance. L'horlogerie faisait d'ailleurs vivre beaucoup d'entre eux, avant que les difficultés que connaît le secteur ne commencent à impacter de plein fouet les frontaliers.

Jean-Christophe, gamin du coin, est l'un des rares à n'avoir jamais imaginé l'herbe plus verte en Suisse que chez lui. Patriote revendiqué, il se dit "Français avant tout". Pour ce trentenaire à la passion dévorante pour l'automobile, faire carrière dans la mécanique était une évidence. Il est dans le métier depuis 20 ans, a ouvert son affaire avec un associé il y a cinq ans. Aujourd'hui, sa passion est intacte, même si le quotidien d'un patron de PME est loin d'être rose.

Malheureusement on n'encourage plus les entrepreneurs. Il faut être fou aujourd'hui pour être patron

Jean-Christophe, garagiste
 

Le garagiste travaille en moyenne "deux fois 35 heures" par semaine. Son salaire, il préfère le taire, avec un sourire teinté d'amertume. "Mais c'est très peu", précise-t-il: deux fois moins qu'à l'époque où il était salarié chez un grand constructeur automobile. Il se dit étouffé par les charges, et explique ne dégager aucun bénéfice depuis cinq ans.

>> En vidéo, les difficultés au quotidien de Jean-Christophe:

Vies françaises, épisode 6: l'amertume du garagiste
L'actu en vidéo - Publié hier à 10:02
 

L'offre politique de cette présidentielle ne donne guère d'espoir à l'entrepreneur. S'il ne cache pas certaines affinités d'opinion avec le Front national, notamment sur les questions de sécurité et d'identité nationale, Jean-Christophe redoute que le programme économique de Marine Le Pen, en particulier la sortie annoncée de l'euro, ne plonge tous les patrons dans la galère. Et pourtant, il avait voté pour elle au premier tour en 2012, "par contestation".

Cette fois, c'est le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan qui lui parle le plus: son discours sur la redynamisation des PME, le patriotisme économique et une prise de distance jugée salutaire avec l'Union européenne séduisent le mécanicien. Même s'il est conscient que les chances de son favori de figurer parmi les finalistes sont infimes.

Si on perdure dans ce schéma-là, je pense que dans dix ans on aura droit à une guerre civile en France

Jean-Christophe, garagiste
 

Comme de nombreux Français, le garagiste a été écoeuré par les scandales tels que celui qui a éclaboussé le candidat de la droite François Fillon. Une illustration de plus de la "déconnexion totale" des politiciens: "Même le prix d'une baguette ou d'un litre d'essence, ils savent plus du tout", s'insurge l'artisan.

>> En vidéo, un vote FN qui se profile:

Vies françaises, épisode 6: un vote FN qui se profile
L'actu en vidéo - Publié hier à 10:01
 

Une grande partie de l'entourage de Jean-Christophe, sa compagne d'origine portugaise et certains de ses employés annoncent qu'ils vont voter Bleu Marine. A l'instar de Quentin, 19 ans, qui votera pour la première fois pour une élection présidentielle dimanche, motivé par la certitude d'être désavantagé par rapport aux immigrés.

Tous partagent le sentiment diffus que la France est au bord du précipice et la conviction que seul le Front national pourra la sauver.

 

Pauline Turuban

"Tous des pourris d'accord, mais je vote pour qui, moi?"

Cela fait quelques années maintenant qu'Emilie coupe les cheveux des habitants d'Allevard, une petite station thermale près de Grenoble. Et qu'elle essuie les joies et les peines de ses clients. Sur son fauteuil, on parle des problèmes de santé de mamie, de problèmes d'argent, des baptêmes et des fêtes d'anniversaires. De politique, on parle à demi-mot. Par pudeur, et aussi parce que la campagne présidentielle semble prendre les Allevardins à rebrousse-poil.

Depuis sept ans, Emilie a pris son envol en ouvrant son propre salon. Dans ses murs, dans son décor, elle officie seule, lave, coupe et teint les cheveux au fil de longues journées. Les 35 heures, elle ne connaît pas. Mais son salaire, lui, c'est le SMIC, soit environ 1500 euros bruts par mois. Des petits commerçants comme elle, la France en compte des centaines de milliers. Qui ne calculent pas leurs heures, qui donnent de leur personne pour un salaire minime. Et malgré cela, Emilie n'a pas "l'impression de vivre mal". Entre son travail et la ferme familiale perdue dans la montagne, la coiffeuse de 38 ans trouve son équilibre.

>> Une journée au salon à découvrir en vidéo

Portrait d'Emilie, coiffeuse à Allevard, près de Grenoble.
Info - Publié jeudi à 08:49

 

Quant à la politique, Emilie préfère ne pas trop y toucher. Par respect pour celles qui se sont battues pour le droit de vote des femmes, elle ira voter. Pour qui? Elle ne le sait pas encore, comme un tiers des Français qui sont encore indécis à quelques jours du premier tour.

Mais entre le salon où elle passe des journées épuisantes et le domaine familial, Emilie ne peut échapper à la présidentielle. Il y a Monique, sa maman, qui se dit "désorientée" et pense voter Dupont-Aignan. Il y a cette cliente, pour qui Mélenchon est le seul candidat qui cherche "à être juste avec tout le monde". Et il y a tous ceux qui passent les candidats en revue sans pouvoir arrêter leur choix, avec cette rengaine: "tous des pourris".

>> La politique au salon de coiffure

Vies françaises, épisode 4: la politique au salon de coiffure.
L'actu en vidéo - Publié mercredi à 18:10

Cécile Rais

Jeune, catho et électeur de François Fillon "à contre-coeur"

"A contre-coeur": l'expression est lâchée. Pierre-Hugues Dubois votera probablement pour François Fillon à la présidentielle française, mais à contre-coeur. Quelques mois auparavant, l'étudiant ingénieur en statistiques était pourtant prêt à s'engager au sein du parti Les Républicains. Mais l'affaire des emplois présumés fictifs et plusieurs points du programme du candidat de la droite ont refroidi le jeune homme de 22 ans. Ce qui manque à ce catholique pratiquant dans le paysage politique français, c'est une "offre pape François". Soit un candidat conservateur sur les questions sociétales, tels que l'avortement ou l'euthanasie, mais ouvert sur les thèmes de l'aide aux plus faibles et aux migrants.

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Portrait politique à Rennes
L'actu en vidéo - Publié le 22 mars 2017

 

A Rennes où il étudie, le petit dernier d'une famille de quatre enfants se passionne pour la politique. Chaque mercredi, il se rend à l'aumônerie de son campus universitaire où se tient après la messe une discussion thématique. Depuis le mois de janvier, celle-ci est consacrée à la politique, en vue des élections. Un chrétien doit-il aller voter? Sur quelle base doit-il faire son choix? Le père De La Foye – au nom prédestiné – éclaire les étudiants bretons sur les questions qu'ils se posent.

Ce soir-là, sur la quinzaine de jeunes présents au souper qui suit la discussion, nombreux sont ceux qui voteront pour François Fillon, ce candidat qui s'est publiquement présenté comme chrétien. Egalement originaire de l'ouest de la France, l'ancien Premier ministre a-t-il conquis tous ces catholiques?

Un seul étudiant ose se manifester lorsque la question est posée. Vianney ne votera pas pour François Fillon, le programme du politicien ne correspondant pas à ses attentes sur les questions éthiques comme la procréation médicalement assistée. Au premier tour, le jeune homme hésite encore. Peut-être donnera-t-il sa voix à Nicolas Dupont-Aignan ou François Asselineau. Par contre, au second tour, il sait qu'il glissera un bulletin Marine Le Pen dans l'urne. Un geste qui n'est pas si courant à Rennes, ville marquée à gauche où le Front national a peiné à percer par le passé.

 

Peut-être sommes-nous là pour redonner de l'espoir aux autres jeunes

Domitille, jeune chrétienne française

 

Non, Pierre-Hugues ne s'est pas engagé dans la politique. Petites lunettes posées sur le nez, il explique avec assurance qu'il peut se rendre tout aussi utile – voire davantage – à travers la vie associative. Le Breton officie en tant que trésorier au sein de l'Association catholique des étudiants rennais, co-anime une émission pour jeunes sur une radio associative et participe à l'organisation d'événements, tel le pèlerinage au Mont-Saint-Michel qui réunit plusieurs centaines d'étudiants de l'ouest de la France le dimanche des Rameaux.

Marche, chants, messes et méditations sous un soleil de plomb, la rencontre permet à ces jeunes catholiques de se retrouver. "La foi nous apporte quelque chose de plus, une certaine espérance", raconte Domitille, bénévole pour le pèlerinage. "Peut-être sommes-nous là pour redonner de l'espoir aux autres jeunes et leur dire que nous pouvons trouver le bon chemin pour l'avenir."

>> A découvrir en vidéo:

Portrait politique à Rennes et au Mont-Saint-Michel
L'actu en vidéo - Publié le 22 mars 2017

 

La foi, Pierre-Hugues l'a reçue de ses parents. Après une période à l'adolescence où il s'est éloigné de Dieu, l'étudiant a vécu un moment magique à Madrid en 2011 lors des Journées mondiales de la jeunesse, cet événement organisé par l'Eglise catholique rassemblant des jeunes du monde entier. "A un moment, le pape nous a dit de prier, et d'un coup, un million de personnes se sont tues et ce fut extraordinaire", se rappelle-t-il.

En tant qu'étudiant en sciences exactes, le jeune homme connaît cependant le doute. Mais sa soif de transcendance le rattrape toujours. Un besoin de dépassement qui, espèrent ces chrétiens français, leur permettra peut-être de peser sur le pays davantage que leurs aînés. Que ce soit avec un groupe de pression comme le mouvement Sens commun, issu de la Manif pour tous, ou à travers le monde associatif, ces catholiques peuvent asseoir leurs actions sur une organisation qui possède une expérience de plus de 2000 ans.

Tamara Muncanovic

Sonia Nemer incarne une France multiculturelle, dans le Sud-Est

Marseille avec ses 855'000 habitants est la deuxième ville du pays. Les vagues migratoires successives ont construit l'identité de cette cité, considérée comme l'une des plus cosmopolites de toute la Méditerranée. La pluralité y est religieuse aussi, avec d'importantes populations chrétiennes, juives et musulmanes. Les musulmans représentent environ un quart de la population marseillaise.

Fille d'immigrés Chaouis (Berbères du nord-est de l'Algérie), Sonia Nemer est née à Marseille il y a 37 ans. Cette mère de deux enfants et épouse d'un Guadeloupéen se dit profondément française dans sa culture et sa manière de vivre, tout en préservant aussi sa culture orientale à travers la danse. A la tête de trois compagnies, elle enseigne cet art depuis 11 ans. Un métier, dit-elle, où il n'existe aucun racisme. Ceux qui font appel à ses services cherchent justement une ouverture sur une autre culture.

>> Portrait en vidéo :

Sonia Nemer Portrait OK
Info - Publié le 03 avril 2017

 

Au quotidien, Sonia Nemer déplore toutefois une ambiance devenue pesante pour les minorités arabo-musulmanes. "Je n'ai plus envie de me justifier face aux amalgames entre musulmans et terroristes."

Selon elle, il y a un avant et après 11 septembre 2001. Enfant, elle ne se souvient pas avoir connu de discrimination vis-à-vis de sa couleur ou de sa religion. Mais depuis les attentats contre le World Trade Center, la méfiance envers sa communauté se fait ressentir. Cette méfiance s'est accrue, précise-t-elle, depuis les attentats perpétrés en France. Selon SOS racisme, les actes antimusulmans ont bondi de 223% entre 2014 et 2015.

Sonia Nemer accuse les politiques et les médias de véhiculer une image négative des arabes et des musulmans. "On ne parle jamais des arabes dans les médias, sauf quand ils font du trash." Depuis deux ans, elle a d'ailleurs éteint sa télévision. "Je ne voulais plus payer une redevance pour me faire insulter." Elle se renseigne désormais sur les réseaux sociaux.

Outre le racisme, la danseuse reproche aussi aux autorités leur inaction face aux "vrais problèmes" de la population: la pauvreté extrême dans certains quartiers totalement délaissés. Une économie parallèle y a pris ses aises, entraînant dans son sillage une criminalité débridée. En 2016, Marseille détenait le triste record national du nombre de tués par balle: trente-quatre.

>> Discussions politiques avec Sonia Nemer et sa famille, en vidéo:

Sonia Nemer politique
Info - Publié le 03 avril 2017

 

Interrogée sur la campagne présidentielle et sur les différentes affaires qui entachent certains candidats, la danseuse dessine un sourire ricaneur, avant de répondre: "Je suis atterrée de voir que certains politiciens peuvent faire ce qu'ils veulent, alors que d'autres se font emprisonner parce qu'ils ont fraudé le bus."

Elle ne veut plus de président et souhaite voter ses propres lois. "Il faut arrêter de leur donner autant d'argent et autant de pouvoir." A défaut, elle glissera le nom de Jean-Luc Mélenchon dans l'urne au premier tour. C'est selon elle le candidat qui "l'insulte le moins", en tant que musulmane.

Feriel Mestiri

En voiture avec Hervé, infirmier à domicile dans le Nord

Le plan de Roubaix, Hervé Saint-Pol l'a dans la tête. Cela fait onze ans que ce quadragénaire hyperactif sillonne l'ancienne cité ouvrière, située à une dizaine de kilomètres de Lille.

Infirmier à domicile indépendant, il enchaîne injections, pansements et autres soins ambulatoires au rythme effréné d'une cinquantaine de consultations par jour. Des semaines de 60-70 heures qui lui permettent, une fois les charges déduites, de toucher entre 2500 et 3000 euros par mois.

Malgré un agenda saturé, il met un point d'honneur à apporter à ses gestes médicaux un supplément d'âme. Boute-en-train, Hervé plaisante, discute aussi bien foot que jardinage. Auprès des personnes âgées isolées, il se mue en assistant social ou en auxiliaire de vie.

>> Une tournée avec Hervé en vidéo:

Portrait dun infirmier liberal a roubaix
L'actu en vidéo - Publié le 22 mars 2017

Une situation sanitaire difficile

Son apparente désinvolture ne suffit pas à faire oublier le dénuement dans lequel vivent beaucoup de ses patients. Ex-bastion de l'industrie textile, Roubaix, près de 100'000 habitants, est aujourd'hui une ville sinistrée comptant parmi les plus pauvres de France.

Parmi les plus malades, aussi. Comme pour le reste de la région des Hauts-de-France, l'état de santé général y est moins bon que dans le reste du pays.

Selon les statistiques de l'Observatoire régional de la santé -les plus récentes disponibles remontent à cinq ans- les Roubaisiens ont plus de risques de développer certaines maladies chroniques comme des affections respiratoires ou du diabète.

 

Quand tu pousses une porte à Roubaix, tu sais pas sur quoi tu peux tomber.

Hervé Saint-Pol, infirmier libéral à Roubaix.

 

Pour expliquer cette situation qui peine à s'améliorer, les spécialistes invoquent la concomitance de plusieurs facteurs: l'histoire ouvrière, les difficultés économiques, des comportements individuels aggravants -"malbouffe", tabagisme, alcoolisme...- et une part de fatalité.

S'il se garde d'émettre le moindre jugement, Hervé déplore que ses recommandations sanitaires restent parfois lettre morte. D'après lui, une partie de ses patients ne s'investissent pas assez dans leur propre guérison.

Une forme d'inertie que l'infirmier met sur le compte d'un système français qui, selon ses termes, fabrique de l'assistanat. Et d'évoquer notamment les abus et fraudes qui plombent la sécurité sociale. Pour lui, une réforme est nécessaire afin d'éviter l'écroulement de ce système d'assurance maladie "qu'on nous envie" mais, pointe-t-il, "c'est aux politiques de le faire, pas à moi."

"Un autre modèle politique est possible"

La politique, il s'y intéresse et prend plaisir à en discuter avec ses patients au détour d'un article de Nord Éclair, un quotidien local. Versatile, Hervé ne se revendique d'aucun parti, trouve le clivage droite-gauche d'un autre âge.

>> Discussions politiques avec Hervé et ses patients, en vidéo:

Discussions politiques avec des habitants du nord
L'actu en vidéo - Publié le 22 mars 2017

 

A la dernière présidentielle, il avait donné sa voix à Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise). Cette année, il annonce qu'il votera pour un petit candidat, afin de "montrer qu'un autre modèle est possible". Le soignant assume son côté révolutionnaire, l'envie de "tout balayer pour mieux recommencer".

 

C'est un type comme Coluche qu'il nous faudrait. Si je pouvais, c'est pour lui que je voterais.

Hervé Saint-Pol, infirmier libéral à Roubaix.

 

Lassé des technocrates, dégoûté par une campagne dominée par les scandales financiers, il comprend la montée du Front national même s'il assure qu'il ne donnera jamais sa voix à ce parti.

Hervé estime que "populisme" n'est pas nécessairement un gros mot: au contraire, le quadragénaire s'agace que les vraies questions que se posent les Français, insécurité et chômage en tête, ne soient pas davantage abordées.

Défiance généralisée envers les politiciens

Le fossé entre la réalité quotidienne de ses patients et celle des principaux candidats à la présidentielle ne fait qu'aggraver la défiance généralisée envers les politiciens.

A Roubaix, terre de tradition socialiste, nombre de "gens de gauche" sont déboussolés, si ce n'est écoeurés, au terme d'un quinquennat qui ne leur a pas apporté les progrès escomptés.

Beaucoup de patients de Hervé sont dégoûtés de la politique. Pour Janine, les politiciens sont "tous des menteurs".
Beaucoup de patients de Hervé sont dégoûtés de la politique. Pour Janine, les politiciens sont "tous des menteurs". [Pauline Turuban - RTSInfo]

 

Si certains ont la tentation de donner une chance au Front national, c'est surtout l'abstention qui progresse dans la ville nordiste. Aux élections locales, elle dépasse souvent les 60%. Et à la dernière présidentielle, 30% des Roubaisiens n'ont pas fait le déplacement jusqu'aux urnes, contre moins de 20% au niveau national.

Pauline Turuban