Modifié le 21 mars 2017

Immigration et laïcité enflamment le débat à la présidentielle française

L'immigration divise les candidats à la présidentielle française
L'immigration divise les candidats à la présidentielle française L'actu en vidéo / 1 min. / le 20 mars 2017
L'immigration, la laïcité et l'économie ont enflammé le débat télévisé, à un mois du premier tour de la présidentielle française. Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont essuyé de nombreuses attaques de leurs rivaux.

Le premier débat télévisé entre les cinq principaux candidats à l'élection présidentielle a débuté sur des questions de société, donnant lieu à des affrontements sur l'immigration et la laïcité.

Le candidat d'En marche Emmanuel Macron veut renforcer les frontières de la France pour lutter contre l'immigration illégale. "Il faut avoir une vraie politique de reconduite à la frontière. Une politique efficace négociée avec nos partenaires européens", a-t-il affirmé, tout en notant que la France a fait nettement moins d'efforts que la plupart des autres pays européens.

En désaccord, le candidat des Républicains François Fillon a reproché à Emmanuel Macron d'avoir félicité la chancelière allemande Angela Merkel pour la politique qu'elle a menée. Une partie des migrants fuit la guerre en Syrie, mais tous ne sont pas des réfugiés. Selon lui, l'"immense majorité de ces hommes et femmes fuient la pauvreté et viennent de toutes les régions du monde".

Hamon et Mélenchon s'opposent à Fillon sur les quotas

Le socialiste Benoît Hamon souligne pour sa part que "la proportion d'étrangers en France est stable depuis les années 30", provoquant les ricanements de sa rivale du Front national Marine Le Pen. Il y a des entrées, mais beaucoup repartent aussi, développe-t-il. Sur les 200'000 entrées annuelles, 150'000 repartiraient. Il a par ailleurs demandé à ce que les réfugiés aient le droit de travailler, sur le modèle allemand, afin de favoriser leur intégration.

Jean-Luc Mélenchon, le président de la France insoumise, a moqué la proposition de François Fillon d'instaurer des quotas. "Une limite aux illégaux? et comment vous les comptez? [...] Vous pouvez inventer des quotas, des tickets. Mais une fois qu'ils sont là, vous les jetez à la mer? Vous les frappez? Ce n'est pas sérieux". Pour limiter l'immigration, estime-t-il, il faut arrêter les traités commerciaux qui dévastent l'économie des pays et arrêter les guerres.

"Je veux arrêter l'immigration légale et illégale. Je le dis, je l'assume", a affirmé Marine Le Pen. Selon elle, cela fait dix ans que 200'000 étrangers entrent chaque année dans le pays, et autant d'illégaux. "Il faut avoir des frontières, car ce n'est pas la Grèce ruinée ou l'Italie submergée qui vont arrêter ces flux. Nous n'avons rien à leur offrir: sept millions de chômeurs et neuf millions de pauvres doivent concentrer toute notre énergie."

La laïcité enflamme le débat

Ce n'est qu'après environ une heure de débat, alors que les candidats échangeaient des arguments convenus sur la laïcité, que la présidente du Front national a lancé la première véritable attaque contre le candidat d'En Marche: "Il y a quelques années, il n'y avait pas de burkini sur les plages. Je sais que vous êtes pour, M. Macron", a-t-elle dit.

Riposte immédiate de l'ex-ministre de l'Economie: "Je n'ai pas besoin d'un ventriloque (...) Quand j'ai quelque chose à dire, je le dis clairement." "Le piège dans lequel vous êtes en train de tomber, Mme Le Pen, par vos provocations, c'est de diviser la société", a-t-il ajouté, avant d'accuser la dirigeante d'extrême droite de faire des Français musulmans des ennemis de la République.

La laïcité enflamme le débat
L'actu en vidéo - Publié le 21 mars 2017

Transparence, lobbies et pantouflage

Les cinq prétendants se sont finalement exprimés chacun leur tour sur les ennuis judiciaires de François Fillon et Marine Le Pen. Le vainqueur de la primaire de la droite a suggéré de mettre sur pied une commission chargée de faire des propositions en matière de transparence et de moralisation de la vie publique.

S'adressant à Emmanuel Macron, Benoît Hamon a pointé du doigt "les lobbies qui pèsent sur la décision publique". Il lui a demandé des comptes sur ses soutiens dans la campagne présidentielle, ce à quoi le candidat d'En marche a affirmé qu'il n'était "tenu par personne".

Marine Le Pen, dont le nom apparaît également dans une enquête sur des emplois présumés fictifs au Parlement européen, a elle aussi visé le candidat d'En marche en évoquant le "pantouflage", une pratique qui consiste à passer de la fonction publique à une entreprise privée.

Emmanuel Macron secoué par Benoît Hamon et Marine Le Pen
L'actu en vidéo - Publié le 21 mars 2017

Clash sur la sortie de la zone euro

Sur le plan économique, la cheffe de file de l'extrême droite s'est également fait étriller sur son projet de sortie de l'euro, élément central de son programme. "Le vrai serial killer du pouvoir d'achat, c'est vous Mme Le Pen avec la sortie de la zone euro. Vous entraînez le pays vers un véritable chaos économique", a lâché François Fillon.

Réponse de Marine Le Pen: "C'est ce qu'on appelle le projet peur, comme avant le Brexit ou avec l'élection de Donald Trump."

Clash entre Fillon et Le Pen sur une sortie de la zone euro
L'actu en vidéo - Publié le 21 mars 2017

Entrant dans la mêlée, Emmanuel Macron fait remarquer que les instigateurs du Brexit se sont justement "carapatés", laissant d'autres au pouvoir pour payer les pots cassés.

Feriel Mestiri avec agences

Publié le 20 mars 2017 - Modifié le 21 mars 2017

Seuls 5 des 11 candidats invités

François Fillon a regretté lundi soir que n'aient pas été invités les onze candidats à l'élection présidentielle au débat télévisé sur TF1. Cette opinion a ensuite été partagée par Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

"Nous sommes 11 candidats, il y en a cinq ici, cela pose une question démocratique", a affirmé en préambule le candidat des Républicains, premier des cinq invités à s'exprimer pour ce débat d'avant premier tour.