Modifié le 12 janvier 2017

Une étape "historique" à Genève vers la réunification de Chypre

L'émissaire de l'ONU Espen Barth Eide parlant à la presse mercredi à Genève.
L'émissaire de l'ONU Espen Barth Eide parlant à la presse mercredi à Genève. [Salvatore Di Nolfi - Keystone]
Etape "historique" dans les pourparlers pour la réunification de Chypre, les parties grecque et turque ont échangé mercredi soir à Genève leur carte pour un futur Etat fédéral.

Le président chypriote grec Nicos Anastasiades a estimé sur Twitter que les deux entités venaient de marquer "l'histoire de Chypre" en présentant leurs documents. Un sentiment qu'avait partagé par anticipation dans l'après-midi devant la presse l'émissaire de l'ONU Espen Barth Eide.

Pour la première fois en plus de 40 ans de division de l'île, les deux parties ont présenté leur propre proposition du territoire d'un futur Etat fédéral.

L'échange a eu lieu lors d'une réunion entre Nicos Anastasiades, le président de la République turque de Chypre Nord (RTCN) Mustafa Akinci, l'émissaire de l'ONU et un cartographe de chacune des deux entités.

Territoire définitif pas encore public

Au Mont-Pèlerin (VD) il y a moins de deux mois, les discussions sur cette question avaient révélé des divergences de 1%. Les Chypriotes grecs souhaitaient que le territoire de la partie turque constitue 28,2% du total et les Chypriotes turcs souhaitaient 29,2%.

Mais il fallait aussi tomber d'accord sur le positionnement de la frontière entre les deux parties de l'Etat fédéral, a indiqué Espen Barth Eide.

Ces cartes seront authentifiées, puis placées dans une chambre forte à l'ONU. Le territoire définitif sera connu au moment d'un règlement entre les deux entités de l'île, divisée depuis l'invasion de l'armée turque en 1974 en réaction à un coup d'Etat de Chypriotes grecs.

Une conférence internationale "historique" est prévue jeudi à Genève entre les parties et les Etats garants de l'ordre constitutionnel de l'île: la Turquie, la Grèce et la Grande-Bretagne.

ats/fme/tmun

Publié le 11 janvier 2017 - Modifié le 12 janvier 2017

Coup d'Etat manqué en 1974

L'île méditerranéenne est divisée depuis le coup d'Etat manqué de 1974 qui voulait rattacher Chypre à la Grèce. Depuis, la République de Chypre, admise au sein de l'Union européenne en 2004, n'exerce son autorité que sur la partie sud où vivent les Chypriotes grecs.

Les Chypriotes turcs habitent eux dans le nord, où une République turque de Chypre du Nord autoproclamée n'est reconnue que par Ankara.

La partition a provoqué l'exode entre le nord et le sud de dizaines de milliers de Chypriotes grecs et turcs qui espèrent, en cas d'accord, retrouver les propriétés qu'ils ont dû abandonner.

Didier Burkhalter rencontrera les participants jeudi

Les Etats garants de l'ordre constitutionnel à Chypre seront représentés par leurs ministres des Affaires étrangères à la conférence de jeudi. Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres fera pour l'occasion son premier déplacement à l'étranger. Le conseiller fédéral Didier Burkhalter rencontrera en tête-à-tête le patron de l'ONU en marge de la conférence. Il aura également une "brève interaction" avec les participants à la réunion de jeudi.

L'objectif est de repartir de Genève avec le sentiment qu'un accord politique "arrive", a dit l'émissaire de l'ONU. Tout compromis sera soumis au vote des citoyens dans chacune des deux parties.