Modifié le 02 juin 2016

Il y a "évidemment un risque" en maintenant l'Euro de foot en France

Didier Heiderich, président de l'Observatoire international des crises.
L'invité de la rédaction L'Invité de la rédaction / 19 min. / le 02 juin 2016
"Le risque est permanent" et n'est pas seulement terroriste, même si l'imminence de l'Euro 2016 renforce cette crainte, explique Didier Heiderich, spécialiste en communication de crise, dans le Journal du matin.

Il y a un risque évident en maintenant l'Euro de football en France, mais annuler l'événement aurait été une "forme de défaite, d'acceptation du diktat du terrorisme. Il faut continuer à vivre normalement", explique Didier Heiderich, président de l'observatoire international des crises.

Les Etats-Unis ont mis en garde leurs ressortissants voulant se rendre en Europe, mais pour Didier Heiderich, ils ne font qu'avertir leurs concitoyens "d'un risque réel et évident en Europe et particulièrement pendant les grands événements sportifs" comme le Tour de France et l'Euro.

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Mais le spécialiste en communication de crise relève que le Département fédéral des affaires étrangères avertit de son côté que "les Etats-Unis sont une destination potentiellement dangereuse, avec des risques d'attentats, un certain nombre de dangers liés à des armes à feu et des zones à éviter". "Il y a une mise en exergue du risque face à ces grands événements sportifs, mais le risque est permanent", résume-t-il.

Des risques peu audibles

Par rapport au défi de la prévention, Didier Heiderich relève que "la peur est aliénante et résiste à toutes les statistiques". Et quand on veut prévenir, on peut en arriver au paradoxe d'angoisser le public, admet-il. "Une bonne communication met en marche la société. Si elle est sur-alarmiste, elle est inaudible", prévient-il.

"Ce qui est absolument terrible, c'est que dans des situations émotionnelles très fortes, il est plus facile de communiquer que sur des situations qui sont peu perceptibles" ou à plus long terme, comme le réchauffement climatique, analyse le spécialiste.

"Le risque terroriste est maintenant une réalité et on peut craindre que le terrorisme frappe encore en Europe, plus régulièrement et plus durement". "A partir de là, d'autres risques vont sembler très minimes", même s'ils sont bien réels, explique encore Didier Heiderich pour bien montrer la difficulté à communiquer sur les sujets sensibles.

cab

Publié le 02 juin 2016 - Modifié le 02 juin 2016