Modifié le 05 mai 2016

L'Europe propose une exemption de visas sous conditions pour les Turcs

La Commission européenne donne son feu vert à la suppression des visas pour les Turcs
La Commission européenne donne son feu vert à la suppression des visas pour les Turcs 19h30 / 1 min. / le 04 mai 2016
Dans le cadre de l'accord sur la question migratoire, la Commission européenne a proposé mercredi d'exempter de visas les Turcs voyageant pour de courts séjours dans l'espace Schengen, sous certaines conditions.

Dans un tweet, la commissaire européenne Margrethe Vestager a publié une photo affichant le document dans lequel l'exécutif européen officialise la mesure, très attendue par le gouvernement turc.

Parmi une série de 72 critères à remplir pour rendre la mesure possible, Ankara doit encore en respecter cinq "d'ici à la fin juin", a ensuite expliqué lors d'une conférence de presse le vice-président de la Commission Frans Timmermans.

Menaces turques

Le gouvernement turc avait fait monter la pression ces dernières semaines, menaçant de ne plus appliquer sa part de l'accord migratoire du 18 mars si la "promesse" européenne d'une exemption de visas n'était pas tenue.

Parmi les critères encore à remplir, le vice-président de la Commission a cité une meilleure lutte des autorités turques contre la corruption, la négociation d'un accord avec Europol ou encore une révision de la législation du pays sur le terrorisme.

La Suisse concernée

Si l'exemption de visa pour les Turcs décidée mercredi se concrétise, la Suisse en fera probablement autant en tant que membre de l'espace Schengen.

Contrairement à l'UE, la Suisse n'a cependant pas encore conclu d'accord de réadmission avec la Turquie. Ce dernier garantit le renvoi des ressortissants turcs qui refusent de rentrer volontairement en Turquie à la fin de leur séjour européen.

Dans le cas d'une exemption, Berne insistera pour la conclusion d'un accord de réadmission, avait assuré la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga à la fin avril au Luxembourg. Berne est actuellement en négociation avec Ankara.

Amende de 250'000 euros?

Parallèlement, la Commission européenne a dévoilé une proposition aussitôt décriée de sanctions financières contre les pays refusant un partage de l'accueil des réfugiés. Un projet d'amende de 250'000 euros par personne a été évoqué pour les pays refusant des réfugiés.

>> Les précisions de Joana Hostein, à Bruxelles:

Visas turcs: les précisions de Joana Hostein, à Bruxelles
12h45 - Publié le 04 mai 2016

ats/grin

Publié le 04 mai 2016 - Modifié le 05 mai 2016

L'accord migratoire serait efficace

L'accord migratoire controversé prévoit que tous les nouveaux migrants arrivant sur les îles grecques soient renvoyés vers la Turquie, y compris les demandeurs d'asile.

Selon le vice-président de la Commission Frans Timmermans., l'accord a "clairement donné des résultats" puisqu'il y a désormais "moins de 100 arrivées par jour sur les îles grecques, au lieu de milliers à l'automne".

Contrôles aux frontières intérieures prolongés

La Commission européenne a aussi autorisé la prolongation exceptionnelle pour six mois des contrôles aux frontières intérieures de cinq pays de l'espace Schengen. Cette mesure devra encore être soumise aux 28 Etats membres de l'UE.

Ces mesures dérogatoires à l'accord de libre-circulation de Schengen avaient été introduites l'an dernier face à la pression migratoire.

Les pays concernés par la prolongation sont l'Allemagne, l'Autriche, le Danemark, la Suède et la Norvège.