Publié le 08 février 2016 - Modifié le 08 février 2016

Carla Del Ponte: "L'intervention de la Russie en Syrie était une bonne chose"

Carla Del Ponte: "Globalement, l'intervention de la Russie en Syrie était une bonne chose"
Carla Del Ponte: "Globalement, l'intervention de la Russie en Syrie était une bonne chose" L'actu en vidéo / 3 min. / le 08 février 2016
L'ancienne procureure du Tribunal pénal international et membre de la commission d'enquête de l'ONU sur la Syrie, Carla Del Ponte, commente la situation en Syrie lundi, dans un entretien à la RTS.

"Globalement, je trouve que c'était bien l'intervention de la Russie. Parce que, finalement, quelqu'un a attaqué ces groupes terroristes, Daech, Al Nosra et tout ça", déclare-t-elle en marge d'une conférence de presse à l'ONU.

>> Lire: L'ONU accuse la Syrie d'"extermination" de détenus 

Interrogée sur la donne humanitaire liée à cette intervention, l’ex-procureure met toutefois un bémol à son jugement sur la stratégie russe. "De ce qu'on a su, ils font un peu trop peu de distinction entre les terroristes et les autres. Donc, là, ça va déjà moins bien", nuance la Tessinoise.

"Monsieur Assad, préparez votre défense"

Se disant toujours prête à faire le voyage à Damas, Carla Del Ponte estime qu'il "est temps pour Bachar el-Assad de se défendre, et pas seulement dans des interviews". "Je suis prête à l'entendre et à écouter ses thèses de défense", précise-t-elle.

Comparant le président syrien à Slobodan Milosevic, qui était passé devant le Tribunal pénal international alors qu'elle y était procureure, Carla Del Ponte explique qu'il est logique de négocier d'abord avec un président en exercice, quitte à le juger ensuite.

"On a négocié avec Milosevic à Dayton, alors qu'il était déjà sous enquête, et on a obtenu la paix", rappelle-t-elle.

Darius Rochebin

"Accord Suisse-OLP pas crédible"

L'ex-procureure Carla Del Ponte a par ailleurs jugé "pas crédible" l'accord entre la Suisse et l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) dans les années 1970.

A la suite de récentes révélations concernant les relations entre la Confédération et cette organisation, le Conseil fédéral a mis sur pied un groupe de travail chargé de se pencher sur ce dossier.