Modifié le 05 janvier 2016

Les efforts de paix pour la Syrie menacés par l'escalade Ryad-Téhéran

L'ambassadeur saoudien à l'ONU Abdallah al-Mouallimi a assuré que Ryad "ne boycottera pas" les prochains pourparlers de paix sur la Syrie.
L'ambassadeur saoudien à l'ONU Abdallah al-Mouallimi a assuré que Ryad "ne boycottera pas" les prochains pourparlers de paix sur la Syrie. [AFP]
La crise entre Ryad et Téhéran, deux protagonistes majeurs du conflit syrien, menace la poursuite du fragile processus mis en oeuvre pour tenter de trouver une solution politique à la guerre.

Prévues pour fin janvier à Genève, les négociations entre représentants de Damas et de l'opposition syrienne étaient déjà hypothétiques. "Le conflit entre l'Arabie Saoudite et l'Iran ne fera que durcir les positions", a déploré lundi Samir Nashar, un membre de l'opposition syrienne en exil.

La crise entre l'Arabie saoudite et l'Iran a éclaté après l'exécution samedi par Ryad d'un dignitaire chiite opposant au régime saoudien.

>> Lire : L'Arabie saoudite annonce la rupture de ses relations avec l'Iran

Guerre pour le leadership régional

Cette escalade constitue le pic d'une crise entre les deux puissances, qui se disputent depuis des années le leadership régional par guerres interposées, en Irak, au Liban, au Yémen et en Syrie.

Dans ce pays, l'Iran soutient le régime de Bachar al-Assad, tandis que Ryad appuie des groupes rebelles. Dans la crise syrienne, leur rivalité "a été un des éléments moteurs dès le départ", estime Yezid Sayigh, associé au centre de réflexion Carnegie Middle East Center. Son exacerbation risque d'affecter les efforts en vue d'un règlement politique.

>> L'histoire chaotique des relations irano-saoudiennes :

 

afp/ptur

Publié le 05 janvier 2016 - Modifié le 05 janvier 2016

Il n'y aura pas d'effet sur les efforts de paix, selon l'ambassadeur saoudien à l'ONU

La crise avec l'Iran "ne devrait avoir aucun effet" sur les efforts de paix en Syrie et au Yémen, a affirmé lundi l'ambassadeur saoudien à l'ONU Abdallah al-Mouallimi. Il a assuré que Ryad "ne boycottera pas" les prochains pourparlers de paix sur la Syrie.

"Nous continuerons de travailler dur pour soutenir les efforts de paix en Syrie et au Yémen", a ajouté l'ambassadeur. Les prochaines négociations sur la Syrie sont prévues en principe à partir du 25 janvier à Genève, sous l'égide de l'ONU.

Abdallah al-Mouallimi a cependant mis en doute devant des journalistes la volonté de l'Iran de promouvoir la paix en Syrie, estimant que Téhéran "n'avait pas beaucoup soutenu ces efforts" de règlement.

Le médiateur de l'ONU en Syrie se rend à Ryad puis à Téhéran

Le médiateur de l'ONU pour la Syrie Staffan de Mistura, en visite à Ryad en pleine crise diplomatique entre l'Arabie saoudite et l'Iran, a rencontré tôt mardi les ambassadeurs des pays qui ont participé à Vienne à des réunions internationales destinées à trouver une solution politique en Syrie, selon une source arabe.

Le médiateur de l'ONU a ensuite entamé des discussions avec des représentants de l'opposition avec l'intention de "confirmer une date pour les négociations de paix et la composition de la délégation des opposants syriens", selon cette source.

Selon le porte-parole de l'ONU Stéphane Dujarric, Staffan de Mistura doit se rendre à Téhéran "dans le courant de la semaine".

Le Koweït rappelle son ambassadeur à Téhéran

Le Koweït a rappelé mardi son ambassadeur à Téhéran, devenant le quatrième pays arabe du Golfe à rompre ou à réduire ses relations avec la Répubique islamique d'Iran.

L'attaque est "une entorse flagrante aux accords et aux normes internationaux et une grave violation des engagements de l'Iran pour la sécurité des missions diplomatiques et la protection des diplomates", indique un communiqué du ministère des Affaires étrangères koweïtien, cité par l'agence officielle Kuna.