Modifié le 18 septembre 2015

"Ce n'était pas une foule menaçante", dit notre journaliste blessé à la frontière serbe

Une tentative de forcer la frontière s'est soldé par de nombreux blessés.
Désespoir et colère pour les réfugiés massés à la frontière hongroise Le Journal du matin / 3 min. / le 17 septembre 2015
Lors des heurts qui se sont produits mercredi à la frontière entre la Hongrie et la Serbie, le journaliste de la RTS Jordan Davis a reçu des coups de matraque de policiers hongrois. Son témoignage.

Les affrontements ont débuté dans l'après-midi, lorsque les policiers hongrois ont utilisé des canons à eau à travers les barricades contre les migrants qui leur lançaient des pierres.

"Une foule pas menaçante"

Arrivé sur place peu après ces échauffourées, notre envoyé spécial Jordan Davis a découvert une situation tendue: certains migrants, très remontés contre l'attitude des policiers hongrois, ont commencé à démonter la clôture afin de passer la frontière. Parmi eux, des personnes avec des enfants qui demandaient à passer en Hongrie, après avoir été bloqués des jours sur place.

Une fois la clôture ouverte, les gens ont voulu traverser la frontière. "Il ne s'agissait pas d'une foule menaçante. Dans mon souvenir, l'une des premières personnes à avoir osé s'approcher directement des policiers est un homme avec ses deux enfants et sa femme", raconte Jordan Davis.

"J'étais paniqué"

La situation a dérapé très vite. Face à la foule de migrants, les policiers ont lancé la charge, utilisant des matraques et des gaz lacrymogènes contre la foule. Notre journaliste a reçu deux coups de matraque et est tombé à terre, comme de nombreuses autres personnes autour de lui. "J'étais paniqué, des migrants ensanglantés hurlaient, notamment des enfants, des gens me piétinaient. Je ne sais pas comment j'ai réussi à m'extraire de là".

Guidé par des migrants et aidé par des collègues danois, Jordan Davis a été emmené auprès de Médecins Sans Frontières, où il a été soigné à la tête. Il rentrera en Suisse vendredi.

 

>> En vidéo, les violences de mercredi soir à la frontière serbo-hongroise.

 

Violences à la frontière serbo-hongroise
L'actu en vidéo - Publié le 17 septembre 2015

>> A lire également: Des milliers de migrants arrivés en Croatie après des violences en Hongrie

Cécile Rais

Publié le 17 septembre 2015 - Modifié le 18 septembre 2015

La Serbie condamne

Le Premier ministre serbe Aleksander Vucic a condamné "ce comportement brutal de la police" contre des migrants et des journalistes "sur son territoire" et a exigé une réaction vigoureuse de la part de l'UE, sur la télévision nationale serbe RTS.

Il a annoncé l'envoi de renforts policiers à leur frontière commune. "Ces tortures et ce comportement non-européen doivent cesser. Et si l'UE ne veut pas participer, nous réagirons et nous saurons comment nous protéger nous ainsi que les valeurs européennes que l'Europe n'est pas capable de protéger", a-t-il lancé.