Modifié le 12 décembre 2014

"La torture pas anticonstitutionnelle", dit le doyen de la Cour suprême US

Antonin Scalia.
"La torture pas anticonstitutionnelle", dit le doyen de la Cour suprême US Le Journal du matin / 2 min. / le 12 décembre 2014
Dans une interview exceptionnelle à la RTS, le juge à la Cour suprême américaine Antonin Scalia explique pourquoi la torture en tant que telle n'est pas contraire à la Constitution de son pays.

Dans une interview vendredi pour Le Journal du matin de la RTS, le doyen de fonction de la Cour suprême américaine, le juge conservateur Antonin Scalia, estime que la pratique de la torture n'est pas contraire à la Constitution américaine, qui ne dit rien sur le sujet.

"Nous avons des lois contre la torture, mais la Constitution elle-même ne dit rien sur la torture. Elle interdit les punitions inhabituelles et cruelles. Si vous condamnez un criminel à être puni par la torture, là, ça serait anticonstitutionnel."

Interrogatoires musclés

Et les pratiques musclées dans un interrogatoire pour obtenir des informations?

"Nous n’avons jamais jugé que ça serait contraire à la Constitution. Je ne vois pas quel article de la Constitution ça pourrait violer", remarque Antonin Scalia.

"Je trouve très facile pour les gens de dire 'oooh, la torture est terrible', poursuit le magistrat. "Imaginez la situation où une personne connaît l’emplacement d’une bombe nucléaire qui a été cachée à Los Angeles et va tuer des millions de personnes. Vous trouvez que c’est une question facile? Vous trouvez que c’est clair? Que vous n’avez pas le droit de prendre des mesures extrêmes pour obtenir cette information de cette personne?

"Suffisance moralisatrice" en Europe

"Je ne pense pas du tout que ce soit aussi clair", poursuit le juge. "Il y a une sorte de suffisance moralisatrice, chez les progressistes européens, qui  leur permet de répondre à cette question avec facilité. Mais ce n’est pas une question facile. C’est la même chose avec les progressistes américains, mais les Européens sont plus moralisateurs."

Philippe Revaz/oang

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Publié le 12 décembre 2014 - Modifié le 12 décembre 2014

"Bête noire" des démocrates

Antonin Scalia est l’un des rares juges de la Cour suprême américaine à bénéficier d’une vraie notoriété.

Cet ultraconservateur qui incarne la lutte contre le mariage gay, contre l'Obamacare ou la victoire de George W. Bush contre Al Gore en 2000, est la bête noire des démocrates.

C’est un "originaliste": pour lui la Constitution est presque un texte sacré. Il faut l'interpréter strictement selon la lecture de l’époque et de ceux qui l’ont rédigée.

Une cour aux visées politiques?

Les neuf juges de la Cour suprême américaine, élus à vie, ont une influence cruciale sur la société américaine.

Ils tiennent entre leurs mains le destin du plan de santé du président, baptisé Obamacare, ou celui du mariage gay.

Les démocrates dénoncent les visées politiques de la Cour suprême, qui s'est saisie du cas de l'Obamacare alors qu'il n'y avait pas de divergence entre deux cours inférieures.

Mais le juge Scalia se défend de toutes visées politiques.