Modifié le 03 novembre 2014

Les clips de campagne, armes des candidats au Sénat américain

Le président Barack Obama a voté par anticipation le 20 octobre dans un bureau de vote de Chicago, dans l'Illinois.
Certains électeurs ont pu voter à l'avance pour le scrutin du 4 novembre, à l'instar du président Barack Obama, à Chicago. [ - ]
"Je ne suis pas Barack Obama", "neutraliser les alligators", "la menace terroriste grandit": les arguments des candidats à l'élection de mi-mandat, prévue mardi, révèlent les préoccupations des Américains.

Armes à feu, tasses de thé, enfants et seniors... Les spots de campagne sont révélateurs des stratégies électorales des candidats au Sénat américain en vue des élections de mi-mandat - les "Midterms" - le 4 novembre.

Alors que la "First Lady", Michelle Obama, est sur tous les fronts, Barack Obama se fait plutôt discret. Plusieurs candidats démocrates ont clairement pris leurs distances avec le président dont la cote de popularité est en berne.

"Je ne suis pas Barack Obama"

C'est le cas, par exemple, d'Alison Lundergan Grimes. En lice dans l'Etat du Kentucky, l'avocate de 35 ans espère faire tomber le sénateur sortant Mitch McConnell, le chef de la majorité républicaine au Sénat, dans un Etat où Barack Obama ne recueillle que 31% d'avis positifs, selon de récents sondages.

Pour séduire les électeurs, la jeune femme n'a pas hésité à s'afficher fusil de chasse sur l'épaule, s'exerçant au ball-trap et déclarant: "Je ne suis pas Barack Obama, je suis en désaccord avec lui sur les armes, le charbon et l'agence de protection de l'environnement."

Cette stratégie de différenciation se retrouve dans d'autres Etats. En Alaska, Mark Begich a même affirmé dans une interview: "J'ai voté pour Barack Obama, mais cela ne veut rien dire. Le président ne compte pas. Dans deux ans, il ne sera plus là."

Les femmes, une bataille

Tel n'est pas le cas d'Hillary Clinton qui pourrait être la candidate démocrate à la présidentielle de 2016. Alors que la cause féminine a cristallisé les débats, l'ex-secrétaire d'Etat est intervenue à plusieurs reprises pour défendre l'égalité salariale, l'accès aux soins et le droit à l'avortement.

Dans le Colorado, notamment, la bataille a été vive entre le sénateur sortant Mark Udall, ardent défenseur des droits des femmes, et son adversaire conservateur, Cory Gardner (voir clip). Certains ont reproché au démocrate de trop avoir parlé d'avortement. Ce à quoi Hillary Clinton, volant à son secours, a répondu: "Quand il se bat pour le droit des femmes, il se bat pour la frontière de la liberté."

Tentant de reprendre la main sur la cause féminine, la candidate républicaine au Sénat, Terry Lynn Land, a tenté -tasse de thé à la main - de discréditer son adversaire démocrate dans le Michigan. Son argument? "En tant que femmes, je pense savoir plus sur les femmes que Gary Peters" (voir la vidéo). Ce à quoi les démocrates n'ont pas tardé à rétorquer "Really?".

 

"Neutraliser les alligators"

Mais alors que la reprise peine à se faire sentir aux Etats-Unis, la campagne ne pouvait écarter les grandes questions économiques, du chômage au pouvoir d'achat, en passant par les "dépenses outrancières" de l'Etat central.

Filant la métaphore animalière, plusieurs candidats républicains se sont affichés comme les futurs artisans d'une cure d'austérité à Washington.

Dans l'Iowa, la militaire républicaine Joni Ernst n'a pas hésité à raconter qu'elle avait grandi dans une ferme "en castrant des cochons" faisant valoir que cela la prédispose à faire "couiner" l'Etat fédéral.

Même esprit chez le conservateur Rob Maness qui, Louisiane oblige, promet de "neutraliser les alligators".

Protéger les Américains

Dans le contexte de la lutte contre la menace du groupe Etat islamique (EI), dont les Etats-Unis menacent des positions en Irak et en Syrie, plusieurs candidats républicains jouent de la peur des Américains, critiquant l'engagement de l'administration Obama dans cette guerre et brandissant le risque d'une nouvelle attaque sur le territoire national.

En Arizona, une candidate républicaine, Wendy Rogers, a choisi d'utiliser des images du film de l'assassinat du journaliste James Foley, dans un clip retiré de YouTube depuis. "La menace terroriste grandit. Sommes-nous en sécurité? Sommes-nous protégés", interrogeait une voix off, selon le Washington Post.

Candidat dans l'Arkansas, Tom Cotton, mise lui sur son statut d'ancien GI pour critiquer les démocrates qui, selon lui, manquent de stratégie à long terme face au danger que représentent ces terroristes pour les habitants de son Etat comme pour tous les Américains. Il est "urgent d'agir", explique-t-il dans une vidéo.

Juliette Galeazzi

Publié le 02 novembre 2014 - Modifié le 03 novembre 2014

Le scrutin du 4 novembre s'annonce serré

Après avoir perdu le contrôle de la Chambre des représentants en 2010, le président américain Barack Obama pourrait terminer son second mandat avec un Sénat contre lui. Il suffirait que 6 des 21 sièges démocrates à renouveler passent en mains républicaines pour que la majorité bascule.

Le scrutin s'annonce serré dans plusieurs Etats qui avaient voté pour Mitt Romney à l'élection présidentielle de 2012 et dans lesquels des sièges démocrates occupés depuis 2008 se libèrent. C'est notamment le cas en Alaska, au Montana, dans le Dakota du Sud, en Arkansas, dans le Mississipi, en Caroline du Nord et en Virginie occidentale.

Obama, un président en perte de vitesse

Avec une cote de popularité tombée à 40%, Barack Obama limite sa participation à la campagne pour les élections de mi-mandat.

Loin des meetings géants de ses campagnes présidentielles de 2008 et 2012, il se contente de réunions de levées de fonds et de déplacements dans quelques Etats disputés afin de mobiliser l'électorat démocrate.

Cette situation n'est pas rare pour un président qui achève un second mandat. Elle ressemble beaucoup à celle qu'avait connue George W. Bush en 2006, rendu très impopulaire par la guerre en Irak.