Modifié le 16 octobre 2014

Appel pour que MSF prenne le leadership de la lutte contre Ebola

Des membres de la Croix rouge au Liberia, région fortement touchée par le virus Ebola.
Envoyer des militaires dans les pays touchés par Ebola, une bonne idée? Le Journal du matin / 6 min. / le 16 octobre 2014
Le combat contre Ebola en Afrique devrait être dirigé par l'ONG Médecins sans frontières, selon le député européen Charles Goerens. Pour MSF, cette proposition illustre le manque de courage des politiques.

Alors que l'épidémie d'Ebola gagne du terrain en Afrique de l'Ouest, le député européen Charles Goerens a proposé dans le Journal du matin de la Première que Médecins sans frontières (MSF) prenne le leadership de la lutte contre le virus.

Selon le rapporteur pour Ebola à la Commission de développement du Parlement européen, "c'est la première grande crise internationale dans laquelle il faudrait donner le lead à une ONG."

"Il sont très présents sur le terrain, ils ont beaucoup de personnes engagées et très peu de victimes à ce jour. Ils connaissent la situation et savent ce dont on a besoin", argumente le Luxembourgeois.

Un expert plus réservé

Interrogé par la RTS, l'expert des questions militaires Alexandre Vautravers reconnaît que l'humanitaire "est devenu quelque chose de très professionnel" depuis une vingtaine d'années.

"Sans hélicoptère, sans matériel militaire, sans moyens de communication, sans une 'force de frappe' logistique, vous n'allez pas très loin", tempère toutefois le rédacteur en chef de la Revue militaire suisse.

Manque de courage des politiques

Hugues Robert, responsable des urgences chez MSF Suisse, se dit quant à lui "surpris" par la proposition de Charles Goerens. Selon lui, "le rôle et l'expertise de MSF ne consistent pas à coordonner les acteurs gouvernementaux et les Nations unies".

"Les acteurs politiques se réfugient derrière MSF au lieu de prendre des décisions courageuses en mobilisant des équipes médicales pour aller faire le travail sur le terrain", estime Hugues Robert.

>> Lire aussi:  La Suisse pourrait envoyer 90 soldats en Afrique pour lutter contre Ebola et "Il faut des soignants plus que de l'argent pour lutter contre Ebola"

dk

"Voyage au pays de la peur", le reportage de RTSinfo au Liberia:

 

Ebola, voyage au pays de la peur
Mise au Point - Publié le 12 octobre 2014

Publié le 16 octobre 2014 - Modifié le 16 octobre 2014

Passagers contrôlés en France dès samedi

Dès samedi, la température des passagers en provenance de Conakry, en Guinée, sera contrôlée à l'aéroport de Roissy, a annoncé jeudi la ministre de la Santé Marisol Touraine. Ces tests se feront à la passerelle, avant l'entrée dans l'aéroport.

Dans l'avion, les passagers se verront distribuer un "questionnaire de traçabilité".

A Conakry, des médecins français de la Croix rouge viendront appuyer les autorités guinéennes pour les contrôles aux départs.

Une ministre du Liberia se met en quarantaine

La ministre des Transports du Liberia, Angela Cassell-Bush, a annoncé jeudi s'être mise en quarantaine à la suite du décès de son chauffeur personnel, victime du virus Ebola.

"Bien que je n'aie pas eu de contact direct avec lui, je le fais par précaution", a-t-elle déclaré.

"Je resterai à l'écart pendant 21 jours comme le recommandent les règlements médicaux sur ce virus", a précisé la ministre.

La Chine envoie un médicament expérimental

La société pharmaceutique chinoise Sihuan Pharmaceutical Holdings a expédié plusieurs milliers de doses d'un médicament expérimental contre Ebola en Afrique de l'Ouest.

Il est destiné aux employés humanitaires chinois. Les essais cliniques seront menés sur place, ont déclaré jeudi des cadres de cette entreprise.