Publié le 22 septembre 2013 - Modifié le 23 septembre 2013

Le parti d'Angela Merkel triomphe aux élections allemandes

Angela Merkel.
La chancelière est le premier dirigeant européen à être reconduit depuis la crise financière qui a secoué l'UE. [Michael Kappeler - APA dpa/Keystone]
La chancelière allemande est reconduite pour une troisième mandat après la nette victoire de la CDU-CSU aux législatives dimanche. Le bloc conservateur frôle même la majorité absolue.

Angela Merkel a nettement remporté dimanche les élections législatives allemandes. Selon des résultats officiels provisoires, le bloc conservateur CDU-CSU a obtenu 41,5% des voix  (33,8% en 2009) contre 25,7% au SPD de son rival Peer Steinbrück (23% en 2009). La CDU/CSU frôle la majorité absolue au Bundestag. (Lire: La presse européenne salue le "triomphe" d'Angela Merkel)

A 59 ans, la chancelière est le premier dirigeant européen à être reconduit depuis la crise financière qui a secoué l'UE. Dans l'Allemagne d'après-guerre, seuls Konrad Adenauer et Helmut Kohl ont réussi à remporter trois mandats de chancelier.

Chute du FDP

Angela Merkel a permis à son parti (l'Union chrétienne démocrate, CDU) de recueillir son score le plus élevé depuis la Réunification du pays en 1990.

L'allié libéral d’Angela Merkel, le FDP, est éjecté du Bundestag pour la première fois de l'après-guerre, avec son plus faible score jamais enregistré (4,8% contre 14,6% en 2009).

La surprise des anti-euro

Les Verts sont en baisse sensible à 8,3 % (contre 10,7% en 2009), tandis que la gauche radicale, Die Linke, a obtenu 8,6% des voix, contre 11,9% en 2009.

La surprise a été créée  par l’AfD ("Alternative pour l’Allemagne"), un nouveau mouvement anti-euro, créé au printemps. Avec 4,7% des voix, il a quasiment atteint les 5% nécessaires pour être représenté au Parlement.

Retrouvez tous les détails de la journée: Angela Merkel manquerait de peu la majorité absolue au Bundestag

agences/cab

Démission du chef de file des libéraux

Philipp Rösler, chef de file des libéraux allemands du FDP, a proposé lundi de remettre sa démission au lendemain de la débâcle électorale de son parti, évincé du Bundestag, a-t-on appris au sein du parti.

Les libéraux, qui étaient alliés à Angela Merkel dans la coalition sortante, ressortent lessivés du scrutin avec 4,8% des voix, contre 14,6% quatre ans plus tôt.

En position de force pour une coalition

Angela Merkel a jugé qu'il était «trop tôt» pour se prononcer sur la démarche à suivre en termes d'alliances. Prudente, elle a déclaré qu'il fallait «attendre les résultats définitifs».

La chancelière sera en position de force pour négocier une coalition, probablement avec les sociaux-démocrates (SPD) - comme lors de son premier mandat (2005-2009) - ou hypothétiquement avec les Verts.

La presse fête la victoire d'Angela Merkel

Les journaux allemands célébraient lundi matin Angela Merkel, "chérie de l'Allemagne", après sa très large victoire aux législatives.

Le parti conservateur CDU "doit son succès avant tout à la très forte popularité personnelle de la chancelière", souligne la Berliner Morgenpost, tandis que le "Handelsblatt", y voit une conséquence directe de la politique européenne menée ces dernières années.

Mais les journaux allemands n'oublient pas qu'elle doit encore trouver une coalition pour gouverner. "Chancelière cherche partenaire", titre la Berliner Zeitung", alors que la Süddeutsche Zeitung écrit: "maintenant Merkel n'a plus qu'à choisir".