Modifié le 11 juillet 2013

Le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker démissionne

Jean-Claude Juncker lors de son audience devant la Chambre des députés.
Jean-Claude Juncker lors de son audience devant la Chambre des députés. [EPA/JULIEN WARNAND - ]
Jean-Claude Juncker, Premier ministre du Luxembourg depuis 18 ans, a été contraint à la démission mercredi. Il est accusé de ne pas avoir bien contrôlé les services de renseignements du pays.

Alors que les socialistes luxembourgeois avaient déposé une motion demandant la dissolution de la Chambre des députés et l'organisation d'élections anticipées dans les trois mois, le Premier ministre Jean-Claude Juncker a annoncé mercredi soir qu'il remettrait sa démission au chef de l'Etat jeudi matin à l'issue d'un conseil de gouvernement.

Jean-Claude Juncker a aussi indiqué qu'il allait demander la tenue d'élections législatives anticipées.

Mise sur écoute

Le Parlement luxembourgeois a débattu mercredi d'un rapport commandé par ses soins sur des accusations de mise sur écoute de responsables politiques, de corruption et de détournement de fonds publics, notamment pour l'achat de voitures à usage personnel, de la part de membres des services secrets.

Ce rapport conclut que Jean-Claude Juncker n'exerçait de fait qu'un contrôle limité sur ces services et qu'il n'a pas informé correctement le Parlement ni les autorités judiciaires.

Toujours très populaire, il pourrait tenter de se succéder à lui-même en étant en octobre tête de liste des chrétiens-sociaux, la première formation politique du pays.

agences/vtom

Publié le 10 juillet 2013 - Modifié le 11 juillet 2013

Dinosaure de la construction européenne

Inamovible Premier ministre du Luxembourg, Jean-Claude Juncker était le doyen des dirigeants de l'UE et le dernier dinosaure de la construction européenne.

A seulement 58 ans, Jean-Claude Juncker détient le record de longévité à la tête d'un gouvernement européen. Il est devenu Premier ministre en janvier 1995, alors que François Mitterrand et Helmut Kohl étaient encore au pouvoir.

Européen convaincu, il s'est toujours considéré comme à la croisée des chemins franco-allemands, sans que cela ne l'empêche parfois de les égratigner.

Vision fédéraliste de l'Europe
Son viatique a toujours été la promotion de la construction européenne, avec une vision fédéraliste qui lui a valu en 2006 de recevoir le prestigieux prix Charlemagne pour l'unification européenne.

Certains lui reprochent d'avoir délaissé le Grand Duché au profit de l'Europe, et d'avoir ainsi fait preuve d'une négligence coupable vis-à-vis des dérives de son service de renseignement, qui ont provoqué sa chute.