Mise à jour le 02 juillet 2013

Des heurts entre pro et anti-Morsi font sept morts au Caire

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Les opposants au président islamiste se rassemblaient en masse en début d'après-midi à travers le pays, tout comme ses partisans. [KHALED ELFIQI - Keystone]
Les manifestations massives au Caire entre opposants et partisans du président égyptien Mohamed Morsi ont donné lieu mardi à des affrontements qui ont fait au moins sept morts.

Sept personnes ont péri mardi dans des affrontements entre partisans et opposants du président islamiste Mohamed Morsi au Caire, où les deux camps manifestent en masse, ont indiqué des sources médicales à l'AFP.

Environ 250'000 opposants au président Mohamed Morsi étaient rassemblés mardi soir sur l'emblématique place Tahrir au Caire. Ils acclamaient les hélicoptères de l'armée qui survolaient la place.

100'000 partisans de Morsi au Caire

Des affrontements ont également opposé mardi partisans et adversaires de M. Morsi à Alexandrie ainsi que dans la ville de Kaliouba, au nord du Caire, ont indiqué mardi soir des sources proches des services de sécurité.

Dénonçant un coup d'Etat militaire contre leur président démocratiquement élu, des dizaines de milliers de partisans de M.Morsi sont aussi descendus dans les rues, affrontant leurs adversaires dans plusieurs villes. Leur rassemblement le plus important a réuni 100'000 personnes dans un faubourg du Caire.

Lire aussi: La présidence égyptienne rejette l'ultimatum de l'armée

afp/olhor

Paris et Washington demandent à Morsi d'écouter son peuple

Le président Mohamed Morsi doit écouter la voix du peuple égyptien pour résoudre la crise politique qui touche le pays et pourrait mener à une intervention militaire, ont respectivement déclaré mardi Paris et Washington inquiets face au climat de tensions qui règne en Egypte.

ElBaradei représente l'opposition

L'opposition égyptienne a annoncé mardi qu'elle désignait Mohammed ElBaradei, ancien chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), pour la représenter et préparer une transition politique.

Le "Front du 30 juin", qui rassemble les plus importants partis et mouvements hostiles au président islamiste Mohamed Morsi, a déclaré dans un communiqué que M. ElBaradei serait sa "voix" et était chargé de "préparer un scénario" en vue de mettre en oeuvre une "transition politique".

Démission de cinq ministres

Le ministre des Affaires étrangères, Mohammed Kamel Amr, a annoncé son départ, rejoignant quatre autres ministres, dont celui du Tourisme, démissionnaires depuis la veille. M. Kamel Amr est le plus important membre du cabinet à se retirer.

Dans la foulée, le porte-parole de la présidence Ehab Fahmi et le porte-parole du gouvernement, Alaa al-Hadidi, ont quitté leur poste.

Infligeant un revers supplémentaire au président islamiste, la justice, engagée depuis son élection dans un bras de fer avec M. Morsi, a ordonné la réintégration du procureur général, Abdel Méguid Mahmoud, nommé sous Hosni Moubarak, qu'il avait limogé en novembre par décret présidentiel.