Mise à jour le 26 février 2013

Pression de l'Allemagne et de la Commission européenne sur l'Italie

La situation politique italienne est source de nombreux commentaires en Europe.
La situation politique italienne est source de nombreux commentaires en Europe. [ODD ANDERSEN - AFP]
La Commission européenne et l'Allemagne ont exigé mardi à l'Italie "d'honorer ses engagements" en matière d'austérité et de réformes. La France et le président du Parlement européen estiment, eux, que les Italiens ont rejeté cette politique.

"L''Italie a pris des engagements vis-à-vis de la Commission et des autres Etats membres, s'agissant de la réduction de ses déficits, de la réduction de sa dette, et sur un certain nombre d'autres engagements de réformes structurelles", a déclaré lors d'un point de presse Olivier Bailly, porte-parole de la Commission européenne, faisant référence aux politiques d'austérité appliquées par le gouvernement de technocrates de Mario Monti.

"Pour nous, ces engagements demeurent, ce sont les engagements de l'Italie et la Commission s'attend à ce que l'Italie les honore", a-t-il ajouté.

Olivier Bailly a reconnu que "beaucoup de réformes très difficiles sont demandées au peuple italien depuis plusieurs mois". Il a jugé "caricatural de considérer que la Commission est seulement là pour dicter un agenda d'austérité".

Des mesures "sans effet positif" pour l'instant

"Ce que nous faisons en parallèle, c'est assurer la stabilité du système bancaire italien, faire bénéficier l'économie italienne de tout le potentiel du marché intérieur, avoir une politique industrielle ambitieuse, sauvegarder au niveau européen les investissements pour la croissance, l'innovation, la lutte contre le chômage", a-t-il plaidé.

"Nous n'avons jamais dit que la mise en oeuvre de réformes ambitieuses allait apporter la joie et le bonheur, le plein emploi et une croissance de 10% en six mois, ce serait une illusion", a-t-il souligné. Il a reconnu que les mesures prises par le gouvernement Monti au cours des 15 derniers mois n'avaient pas encore eu "d'effet positif sur le niveau de la dette et l'emploi".

Sur la même ligne, le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle a souhaité mardi que l'Italie se dote "vite" d'un gouvernement "stable" afin de poursuivre la politique de réformes du pays "dans l'intérêt de toute l'Europe".

D'autres voix, dont celles du président du Parlement européen et de ministres français, ne partagent pas cette analyse et considèrent la cure d'austérité imposée aux électeurs italiens comme responsable de la situation politique actuelle. (Voir notre encadré)

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mre avec les agences

Rejet de la cure d'austérité

Le président du Parlement européen, le social-démocrate allemand Martin Schulz, a affirmé mardi que les électeurs italiens avaient envoyé un message de protestation à l'Union européenne et qu'une des leçons de ce scrutin était que "les gens étaient prêts à faire des sacrifices mais pas coûte que coûte" et qu'il n'étaient "pas satisfaits" de la cure d'austérité qui leur est imposée.

Les politiques de rigueur ne sont pas imposées par Bruxelles mais par les gouvernements européens dont le gouvernement italien, a rappelé Martin Schulz. Il a cependant noté que les électeurs italiens avaient une perception différente de cette réalité en faisant porter à l'Europe la responsabilité de leurs difficultés.

Même son de cloche de la part d'Arnaud Montebourg, ministre français du Redressement productif, pour qui, les Italiens ont rejeté "la politique imposée par les marchés" financiers et les plans d'austérité qui se sont succédé depuis la mi-2011.