Mise à jour le 11 février 2013

Dimension européenne pour le scandale de la viande de cheval dans les lasagnes

L'affaire a éclaté à la mi-janvier quand les autorités irlandaises ont découvert du cheval dans de la viande hachée produite au Royaume-Uni et en Irlande et écoulée dans ces deux pays.
L'affaire a éclaté à la mi-janvier quand les autorités irlandaises ont découvert du cheval dans de la viande hachée produite au Royaume-Uni et en Irlande et écoulée dans ces deux pays. [Andrew Yates - AFP]
Après la découverte, au Royaume-Uni, de viande de cheval dans des plats préparés censés contenir du boeuf, l'affaire a pris samedi une dimension européenne. Le groupe alimentaire Findus estime avoir été trompé par ses fournisseurs et porte plainte.

Scandale au Royaume-Uni, justice saisie en France, abattoirs en Roumanie, trader aux Pays-Bas...: l'affaire de la fraude présumée à la viande de cheval dans des plats cuisinés a pris samedi une dimension européenne, avec des soupçons qui se portent sur un fournisseur français.

La découverte de cheval dans des lasagnes censées être au boeuf a provoqué un scandale au Royaume-Uni, où le cheval est vénéré et sa consommation taboue. Elle a entraîné le retrait vendredi des plats en France et en Suède.

Plainte de Findus

Samedi, le groupe alimentaire Findus, distributeur de ces plats cuisinés, a annoncé en France le dépôt lundi d'une plainte contre X. "Nous avons été trompés", a déclaré dans un communiqué le directeur général de Findus France, Matthieu Lambeaux.

Depuis Londres, Findus a estimé que cette fraude à la viande de cheval pourrait remonter à août 2012, et qu'il était peu probable qu'elle soit "accidentelle".

Fournisseur soupçonné

Les soupçons de Findus se porte sur le fournisseur de la viande de ses lasagnes, la société française Spanghero. Findus accuse cette société établie à Castelnaudary (sud-ouest) d'avoir livré de la viande de cheval roumaine avec des mentions "boeuf".

Spanghero, de son côté, a déclaré qu'il s'était approvisionné auprès d'un producteur roumain, qu'il envisage de poursuivre en justice.

La Roumanie se défend

La Roumanie a commencé samedi à se défendre. "Je suis sûr que l'importateur (français) savait que ce n'était pas du boeuf, car le cheval a un goût, une couleur et une texture particuliers", a indiqué le président de l'association Romalimenta qui regroupe les patrons roumains de l'alimentaire, Sorin Minea.

Des intermédiaires

Pour compliquer l'affaire, Spanghero et sa maison-mère Pujol sont passés par l'intermédiaire "d'un trader chypriote, qui avait sous-traité la commande à un trader situé aux Pays-Bas", a indiqué le ministre français à la Consommation, Benoît Hamon.

Benoît Hamon a dénoncé cette architecture qui "relève avant tout d'une logique financière qui aurait rapporté plus de 300'000 euros".

Il a demandé à l'organisme français de répression des fraudes "de se rapprocher sans délais" de ses homologues néerlandais et roumains "pour déterminer le stade auquel la fraude ou l'erreur de gestion des viandes doit être imputée".

afp/lan

Pas de risque sanitaire

La viande de cheval ne présente pas de risque pour la santé.

Mais les autorités britanniques craignent la présence dans cette viande d'un produit utilisé pour traiter la douleur chez les chevaux mais interdit à la consommation humaine, par crainte de "risque pour la santé".

L'Agence britannique de sécurité alimentaire (FSA) a demandé à Findus d'effectuer "des tests" pour identifier la présence éventuelle dans les lasagnes de ce produit, la phénylbutazon