Mise à jour le 29 janvier 2013

Au moins 80 corps ont été retrouvés avec une balle dans la tête à Alep

Alep exécutions
Les corps ont été sortis de la rivière Qouweiq qui sépare Boustane el-Kasr et Ansari, deux quartiers aux mains des rebelles. [EPA/THOMAS RASSLOFF - Keystone]
Macabre découverte dans un quartier d'Alep, deuxième ville de Syrie, où près de 80 cadavres ont été sortis d'une rivière, selon un nouveau bilan. L'Observatoire syrien des droits de l'homme évoque des exécutions sommaires.

Près de 80 jeunes hommes, exécutés d'une balle dans la tête, ont été retrouvés dans un quartier rebelle d'Alep, a indiqué mardi l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). "La majorité avait les mains liées derrière" le dos, selon l'ONG proche des rebelles.

"Beaucoup sont encore dans l'eau"

Ils ont été sortis de la rivière Qouweiq qui sépare Boustane el-Kasr et Ansari, deux quartiers aux mains des rebelles. Sur place, un capitaine rebelle Abou Sada a indiqué que "certains sont des enfants".

"Mais il devrait y en avoir plus de 100 car beaucoup sont encore dans l'eau", a-t-il dit. Il a accusé le régime de les avoir exécutés. Un volontaire, aidant à mettre un corps dans un camion, a affirmé: "Nous ne savons pas qui ils sont car ils n'ont pas de pièces d'identité". Aucune source indépendante ne permet de vérifier ces informations.

Rebelles et régime s'accusent

 Mais un responsable au sein des services de sécurité du régime a affirmé qu'il s'agit de "citoyens de Boustane al-Kasr, qui ont été enlevés par des groupes terroristes après avoir été accusés d'être en faveur du régime". "Ils ont été exécutés dans la nuit de lundi à mardi et leurs corps ont été jetés dans la rivière", a-t-il affirmé. Le régime accuse les rebelles d'être des "terroristes".

Rebelles et régime s'accusent d'habitude mutuellement des tueries, mais il n'est pas possible de confirmer les informations de source indépendante. Le dernier massacre remonte au 15 janvier. L'OSDH avait alors accusé l'armée d'avoir tué 106 civils dont des femmes et des enfants près de Homs (centre), dans des vergers où des déplacés s'étaient réfugiés pour échapper au pilonnage.

Avancée des rebelles

Ailleurs dans le pays, les combats continuaient de faire rage entre rebelles et soldats qui cherchent, chacun, à gagner du terrain, notamment dans l'est et à la périphérie de Damas.

Les insurgés ont réussi une percée à Deir Ezzor (est) en prenant un poste des renseignements politiques et deux ponts enjambant l'Euphrate, sur la route utilisée par l'armée pour approvisionner la cité de Hassaké, plus au nord, a précisé l'OSDH.

agences/vtom

Réunion de membres de l'opposition à Genève

Une réunion de "différents membres" de l'opposition syrienne s'est tenue lundi et mardi à Genève, a indiqué une source diplomatique russe.

Selon un communiqué du Comité de coordination pour le changement national et démocratique (CCCND), les participants à la réunion de Genève affirment oeuvrer pour "mobiliser un soutien arabe et international aux demandes légitimes du peuple syrien qui sont le départ du régime dictatorial et l'établissement d'un Etat civil et démocratique".

Ils estiment, selon le communiqué, que l'accord de Genève (du 30 juin 2012) "constitue une base applicable" pour atteindre cet objectif et ont appelé à la tenue d'une nouvelle réunion "Genève II" des principaux pays concernés par le dossier syrien "pour qu'il soit tenu compte des développement survenus sur le terrain (depuis le 30 juin 2012) et pour la mise en place de mécanismes d'application contraignants endossés par le Conseil de sécurité".

Le communiqué du 30 juin 2012, adopté à Genève par les ministres des Affaires étrangères des principaux pays concernés par l'avenir de la Syrie, fruit d'âpres négociations avec le ministre russe Sergei Lavrov, prévoyait notamment la mise en place d'un processus de transition politique mais ne disait rien quant au devenir du président Bachar al-Assad. Ce communiqué reste la pierre angluaire de la position de la Russie.

Le CCCND, dirigé par Hassan Abdel Azim, est basé en Syrie et est toléré par le régime. Il regroupe des partis nationalistes arabes, kurdes, socialistes et marxistes.

L'opposant basé en France Haitham Manaa, présent à la réunion de Genève, y est une figure de proue. Le groupe, proche de la Russie, refuse toute idée d'intervention militaire étrangère en Syrie. Une tentative de rapprochement avec le CNS (Conseil national syrien) s'est soldée par un échec.

Lakhdar Brahimi devant le Conseil de sécurité

Lakhdar Brahimi, l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie, devait rendre compte vers 20H00 GMT au Conseil de sécurité de ses efforts qui n'ont pas réussi jusque-là à mettre fin au conflit qui a fait plus de 60'000 morts en près de deux ans selon l'ONU.

Fonds supplémentaires pour les réfugiés

La Commission européenne va proposer de débourser 100 millions d'euros supplémentaires pour aider les Syriens, a annoncé mardi la commissaire chargée de l'aide humanitaire, Kristalina Georgieva. Cette somme viendra s'ajouter aux 100 millions déjà débloqués par Bruxelles, a-t-elle ajouté.

La Commission européenne présentera cette proposition mercredi au Koweït à l'occasion d'une réunion de donateurs, organisée sous le parrainage des Nations unies, dans le but de lever 1,5 milliard de dollars au profit de quelque 4 millions de Syriens qui ont besoin d'assistance à l'intérieur du pays.

Côté helvétique, le délégué à l'aide humanitaire de la Confédération Manuel Bessler a annoncé mardi que le budget suisse pour l'assistance d'urgence aux victimes du conflit syrien s'élèvera en 2013 à dix millions de francs.

Depuis le début de la crise, Berne a consacré vingt millions de francs à l'aide aux Syriens.