Mise à jour le 11 décembre 2012

Manifestations à risque en Egypte pour et contre le projet de Constitution

Cinq manifestants ont été tués la nuit dernière au Caire.

Cinq manifestants ont été tués la nuit dernière au Caire. [Khaled Elfiqi - Keystone]

L'opposition au président égyptien et les islamistes, pro Mohamed Morsi, ont appelé à manifester mardi à quelques kilomètres les uns des autres, faisant craindre de nouveaux affrontements.

La gauche, les libéraux et d'autres groupes de l'opposition en Egypte ont appelé à des marches mardi après-midi vers le palais présidentiel dans le quartier d'Héliopolis au Caire. De leur côté, les islamistes appellent leurs partisans à se mobiliser "par millions" pour exprimer leur soutien au président Mohamed Morsi.

Ces deux manifestations qui opposeront partisans et adversaires du projet de nouvelle constitution voulue par le président égyptien raniment au centre du Caire la crainte d'affrontements meurtriers semblables à ceux survenus la semaine passée en Egypte.

Corset religieux

Les opposants aux récentes décisions prises par Mohamed Morsi dénoncent la procédure référendaire organisée, selon eux, à la hâte et qui doit avoir lieu samedi. Ils font valoir que le texte enfermerait le pays dans un corset religieux.

Les islamistes, qui dominent l'assemblée constituante chargée de la rédaction de la Loi fondamentale, estiment pour leur part être en mesure de remporter cette consultation populaire.

Sept morts la semaine dernière

Les affrontements en partisans des Frères musulmans et opposants à Mohamed Morsi, issu de cette formation, ont déjà fait sept morts et plusieurs centaines de blessés la semaine passée. La Garde républicaine a dû intervenir pour assurer la sécurité du palais présidentiel assiégé par les opposants au chef de l'Etat.

Celui-ci est accusé de se comporter de manière autocratique après avoir élargi ses prérogatives par simple décret le 22 novembre. Le texte contesté a depuis été annulé par Mohamed Morsi dans un geste d'apaisement adressé à ses adversaires.

agences/vtom

Tentative d'approche du palais présidentiel

Environ 200 manifestants opposés au président égyptien islamiste Mohamed Morsi tentaient mardi en début d'après-midi de franchir les barrières érigées aux abords du palais présidentiel, mais ils étaient contenus par l'armée dans le calme, a constaté un journaliste de l'AFP.

Des soldats en tenue anti-émeutes se tenaient face aux manifestants, devant d'énormes blocs de béton installés au cours du week-end pour les empêcher de pénétrer dans le complexe présidentiel situé à Héliopolis, dans la banlieue du Caire.

Cette tentative d'accéder au palais survient à quelques heures du début de plusieurs rassemblements, auxquels ont appelé les opposants à M. Morsi d'un côté, et ses sympathisants de l'autre.

Heurts sur la place Tahrir

Neuf personnes ont été blessées dans la nuit de lundi à mardi par des assaillants qui ont ouvert le feu sur des manifestants campant sur la place Tahrir dans le centre du Caire, ont rapporté des témoins. Les assaillants ont lancé des cocktails Molotov qui ont provoqué le début d'un petit incendie, ont ajouté ces témoins.

A la suite de cet incendie, les manifestants, réveillés par le bruit, ont répliqué en scandant des slogans hostiles au président égyptien Mohamed Morsi et ont chanté "le peuple veut la chute du régime".