Mise à jour le 12 décembre 2012

Le Premier ministre malien démissionne après avoir été arrêté

Le Premier ministre malien démissionne Le Journal en continu / 28 sec. / Le 11 décembre 2012
Le Premier ministre malien Cheik Modibo Diarra a annoncé mardi matin sa démission et celle de son gouvernement. Cette annonce intervient quelques heures après son arrestation par d'anciens putschistes. Le président a nommé le médiateur de la République Diango Sissoko comme nouveau 1er ministre.

"Moi Cheik Modibo Diarra, je démissionne avec mon gouvernement", a déclaré mardi le Premier ministre malien lors d'une brève allocution à l'Office de radio-télévision du Mali (ORTM) sans donner plus d'explication.

Le chef du gouvernement avait auparavant été arrêté dans la nuit de lundi à mardi à son domicile de Bamako par des militaires. L'ordre de son arrestation a été donné par le capitaine Amadou Haya Sanogo, ancien chef des auteurs du coup d'Etat de mars dernier au Mali.

En résidence surveillée

Le porte-parole de l'ex-junte malienne Bakary Mariko a démenti mardi tout "coup d'Etat". Tandis que le président malien par intérim, Dioncounda Traoré,  lui a rapidement nommé un successeur, le médiateur de la République Diango Sissoko (lire ci-contre).

Le premier ministre est en résidence surveillée à son domicile à Bamako. "Il ne peut pas recevoir qui il veut, ni aller où il veut. Il y a des militaires à sa résidence et il n'est pas libre de ses mouvements", a indiqué un membre de sa famille.

Crise sans précédent

Ce départ forcé survient enfin au lendemain de la décision de l'Union européenne d'envoyer au Mali 400 militaires début 2013 pour former l'armée malienne en vue de rétablir le contrôle de Bamako sur le Nord du pays, occupé depuis huit mois par des islamistes armés. Une intervention militaire étrangère est en outre à l'étude pour chasser ces islamistes.

Cette démission survient aussi après le report de "concertations nationales" convoquées par le gouvernement de transition qui devaient se tenir pendant trois jours dès mardi. Cette concertation avait pour but de tenter d'établir une "feuille de route" pour les mois à venir entre tous les acteurs - politiques, militaires, sociaux, organisations de la société civile - face à la crise sans précédent que traverse le Mali depuis près d'un an.

afp/vtom/olhor

Diango Sissoko nommé nouveau Premier ministre

Le président malien par intérim a nommé mardi le médiateur de la République Diango Sissoko Premier ministre, le jour même de la démission forcée de ce poste de Cheick Modibo Diarra, selon un décret lu par la télévision publique malienne ORTM.

Diango Sissoko, âgé de 62 ans, était médiateur de la République depuis mai 2011.

Docteur d'Etat en droit, il a notamment été secrétaire général à la présidence de la République sous le régime de Moussa Traoré, un militaire qui a été renversé en 1991 après plus de 22 ans de pouvoir.

Diango Sissoko a aussi occupé les mêmes fonctions de 2008 à 2011 sous la présidence d'Amadou Toumani Touré, qui a été déposé par des putschistes en mars dernier.

Condamnations de la communauté internationale

Le Conseil de sécurité de l'ONU a "condamné" mardi l'arrestation du Premier ministre malien Cheick Modibo Diarra et a renouvelé ses menaces de "sanctions ciblées" contre les ex-putschistes.

La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a condamné les "agissements" des militaires et réclamé la mise en place d'un gouvernement "représentatif".

"Troublé", le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a "appelé une nouvelle fois à la fin de l'ingérence des militaires dans la politique" et les Etats-Unis ont exhorté la junte à "cesser ses ingérences perpétuelles". L'UE aussi a appelé l'armée à "cesser d'interférer".

La France a demandé la formation rapide d'un "nouveau gouvernement représentatif".

Bamako, capitale du Mali