Mise à jour le 22 novembre 2012

Nicolas Sarkozy devient un "témoin assisté" dans l'affaire Bettencourt

Nicolas Sarkozy quitte le Tribunal de Bordeaux à 21h30, après 12 heures d'audition.

Nicolas Sarkozy quitte le Tribunal de Bordeaux à 21h30, après 12 heures d'audition. [AFP]

Nicolas Sarkozy comparaissait jeudi devant la justice française qui l'a entendu pendant douze heures mais ne l'a pas mis en examen. Le juge s'interroge sur un éventuel financement illégal de la campagne de l'ex-président français par Liliane Bettencourt.

L'ancien président français Nicolas Sarkozy a été placé sous le statut de témoin assisté jeudi soir à Bordeaux (sud-ouest) après douze heures d'audition par les juges qui enquêtent sur un possible financement illégal de sa campagne présidentielle de 2007, a indiqué son avocat Me Thierry Herzog.

"Il n'y a pas eu de mise en examen" (inculpation), a souligné Me Herzog, qui se trouvait avec son client à leur sortie en voiture du Palais de Justice et n'a pas souhaité faire d'autre commentaire sur les circonstances de cette audition-fleuve.

Le statut de "témoin assisté" est un statut intermédiaire entre celui de simple témoin et celui d'inculpé et permettra à l'avocat de Nicolas Sarkozy de continuer à avoir accès au dossier. Créé en 1987 pour éviter l'opprobre de l'ancienne inculpation, il suppose tout de même que l'intéressé soit visé par des poursuites.

Pour l'instant, peu d'informations ont filtré de l'audition de Nicolas Sarkozy

Soupçons de financement illicite

Depuis plusieurs mois, le juge Jean-Michel Gentil s'interroge sur un éventuel financement occulte de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Et sur d'éventuelles pressions de l'exécutif dans le dossier Bettencourt, lorsque l'enquête était sous la direction du parquet de Nanterre, dirigé par Philippe Courroye.  

Le juge d'instruction a effectué des comparaisons entre les différents agendas des divers protagonistes du dossier. Sont ainsi apparus au moins huit rendez-vous entre le chef de l'État et Philippe Courroye, à des moments clefs de l'affaire Bettencourt.

400'000 euros

Le juge Gentil, expertise médicale à l'appui, considère que Liliane Bettencourt n'avait plus toute sa lucidité à compter de l'automne 2006. Il soupçonne que des fonds provenant de comptes suisses des Bettencourt aient pu alimenter la campagne présidentielle sans que celle-ci ne le sache.

Ces fonds auraient été remis par l'ancien gestionnaire de fortune des Bettencourt, Patrice de Maistre, à Eric Woerth, trésorier de l'UMP et trésorier de la campagne. Ce que tous deux contestent.

L'enquête a montré que Patrice de Maistre s'est fait remettre le 5 février 2007 400'000 euros provenant de Suisse. Deux jours plus tard, il rencontrait Eric Woerth.

agences/pym/vtom