Publié le 20 novembre 2012

"La cybercriminalité est la nouvelle menace du XXIe siècle"

Mireille Ballestrazzi, nouvelle présidente d'Interpol.
Mireille Ballestrazzi, nouvelle présidente d'Interpol. [Andreas Solaro - AFP]
Elue le 8 novembre à la présidence d'Interpol, Mireille Ballestrazzi est la première femme à occuper ce poste. Sur les ondes de la RTS, la Française a insisté mardi sur la menace que constitue la cybercriminalité.

Pour Mireille Ballestrazzi, présidente élue d'Interpol, la cybercriminalité est clairement l'un des principaux défis, désormais, de l'organisation de coopération policière internationale basée à Lyon. Même si les problématiques "classiques" comme la lutte contre le terrorisme, le trafic des drogues ou la traite des êtres humains restent de grandes priorités, "la cybercriminalité constitue la nouvelle menace du XXIe siècle avec tous les mystères que le futur nous réserve d'usages frauduleux des nouvelles technologies qui ne cessent d'évoluer", a-t-elle souligné mardi sur La Première de la RTS.

Pour faire face à ce défi, l'organisation doit absolument s'adapter, adapter ses outils, selon Mireille Ballestrazzi. "Interpol va essayer d'embrasser - c'est une très large ambition - l'ensemble de la problématique." Pour y parvenir, un complexe mondial pour l'innovation d'Interpol est actuellement en construction à Singapour. Le bâtiment sera équipé des outils technologiques les plus modernes et ce nouveau centre sera chargé de couvrir tous les problèmes que peuvent générer l'usage par les criminels des nouvelles technologies. Il y aura une part de recherche et une part de formation - en partenariat avec le secteur privé et en complémentarité avec Europol."

"Une collaboration efficace"

Pour Mireille Ballestrazzi, Interpol est efficace parce qu'il s'agit d'une organisation intergouvernementale. Ce sont les chefs nationaux de police qui, sous l'égide du secrétaire général d'Interpol, Ronald Noble, et avec la présidente, se mettent ensemble pour avancer, pour échanger les informations et faire avancer les enquêtes. "Je pense que l'efficacité est là, et notamment depuis dix ans, quand le secrétaire général a grandement modernisé les outils de l'organisation au service des forces de police du monde entier."

"Précieuse base de données"

Interpol offre aux polices des bases de données extrêmement précieuses. On compte environ 800 millions de consultations annuelles des bases de données de l'organisation. La base de données concernant des documents de voyage volés ou perdus est particulièrement demandée, parce qu'elle est "un formidable outil, en particulier pour les polices aux frontières."

Olivier Angehrn

Biographie

Agée de 58 ans, Mireille Ballestrazzi a été élue le 8 novembre 2012 à la présidence d'Interpol, lors de l'assemblée générale de l'organisation réunie à Rome.

Commissaire de police depuis 1975, elle est connue en France comme l'une des premières femmes ayant exercé de hautes responsabilités dans la police. Spécialiste de police judiciaire (PJ), elle a dirigé des services prestigieux. Elle a notamment été à la tête d'un groupe de répression du banditisme à Bordeaux (1978) puis elle a dirigé la police judiciaire en Corse durant l'une des périodes les plus agitées de l'île (1993). Depuis 2010, elle est le numéro deux de la PJ française.

Le poste clé d'Interpol est toutefois celui du secrétaire général, un poste actuellement occupé par l'Américain Ronald Noble, qui effectue son troisième mandat.