Mise à jour le 19 novembre 2012

Rejet de la Coalition par deux grands groupes islamistes en Syrie

Alep est depuis juillet la proie de combats entre rebelles et armée syrienne.
Alep est depuis juillet la proie de combats entre rebelles et armée syrienne. [Carlos Palma - Keystone]
Les deux plus grands groupes islamistes syriens se sont prononcés en défaveur de la Coalition nationale. Ils réclament un Etat islamique juste.

Des groupes islamistes armés, notamment les deux plus importants, Liwaa al-Tawhid et Front al-Nosra, qui combattent à Alep, ont annoncé leur rejet de la Coalition nationale syrienne et se sont prononcés pour un Etats islamique, selon une vidéo diffusée sur internet.

"Nous, factions combattantes sur le terrain de la ville d'Alep et de sa province, annonçons notre rejet du complot que représente ce qu'on appelle la Coalition nationale et nous sommes mis d'accord à l'unanimité sur l'instauration d'un Etat islamique juste", affirment-ils dans un texte lu par un homme et enregistré par vidéo.

L'authenticité de la vidéo, n'a toutefois pas pu être établie de source indépendante.

Refus de tout plan extérieur

Parmi les 14 organisations signataires de cet appel figurent notamment Liwa al Tawhid, Front al-Nosra et Kataëb Ahrar Cham. Liwa al-Tawhid, au départ proche des Frères Musulmans, s'est radicalisé au fil du temps, Front al-Nosra appartient à la mouvance jihadiste et a revendiqué de nombreux attentats contre le régime en Syrie et Kataëb Ahrar Cham est salafiste.

"Nous refusons tous les plans extérieurs, que ce soit les coalitions ou les conseils (faisant allusion au Conseil national syrien) qui nous sont imposés d'où qu'ils viennent", ajoute la déclaration.

Positions divergentes sur le terrain

ll s'agit des groupes combattants les plus important dans le nord de la Syrie, qui est quasiment entièrement aux mains des rebelles. Interrogé par l'AFP, le colonel rebelle Abdel Jabbar al-Oqaïdi, chef du conseil militaire de l'ASL de la région d'Alep (nord), a affirmé que "ces factions représentent une partie des factions militaires sur le terrain et reflètent leur position mais ce n'est pas toute la force militaire à Alep qui s'exprime".

"Le Conseil militaire a annoncé son soutien à la Coalition et nous allons collaborer avec eux", a-t-il ajouté.

afp/ap/moha

Une mise en scène de leur déclaration en vidéo

Sur la vidéo, apparaissent une trentaine d'hommes -certains en treillis- assis autour d'une table et celui qui lit la déclaration porte une barbe.

Derrière lui est accroché un drapeau islamiste noir avec les mots "il n'y pas d'autre dieu que Dieu" et un coran se trouve devant lui.

A la fin de la lecture du texte, les images montrent un autre homme brandissant un coran en réclamant que "le coran soit la Constitution" avant de scander "Allah Akbar" que tout le groupe reprend derrière lui.

Importante base d'artillerie aux mains des rebelles

Les rebelles se sont emparés d'une importante base d'artillerie dans le nord de la Syrie alors que l'armée bombardait lundi les quartiers sud de Damas, selon des militants, des sources militaires et l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"L'attaque a été d'une très grande ampleur. Ils ont utilisé des chars et tiré des mortiers et des missiles ce qui a obligé l'armée à se retirer progressivement", a indiqué cette source militaire.

"C'est à partir de cette base que les forces du régime bombardaient la région environnante", a précisé l'OSDH. Ce camp était assiégé depuis deux mois.

Par ailleurs, un élu local kurde a été tué lundi lors de violents combats qui opposent rebelles et forces kurdes dans la ville de Ras al-Aïn, à majorité kurde, dans le nord-est de la Syrie, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

La Coalition nationale syrienne

Les composantes de l'opposition syrienne se sont unifiées et ont signé le 11 novembre à Doha un accord sur la constitution d'une "Coalition nationale syrienne pour les forces de l'opposition et de la révolution", visant à lutter contre le régime de Bachar al-Assad.

Elle sera basée en Egypte, a annoncé lundi son président Ahmad Moaz Al-Khatib à l'agence officielle égyptienne Mena.