Plus d'une soixantaine de morts dans les violences de l'ouest birman
Après plusieurs semaines d'accalmie dans un Etat Rakhine de l'ouest de la Birmanie sous état d'urgence, des affrontements ont de nouveau éclaté depuis dimanche entre les bouddhistes de l'ethnie rakhine et les musulmans Rohingyas, une minorité apatride considérée par l'ONU comme parmi les plus persécutées de la planète.
Les violences de cette semaine entre membres de l'ethnie rakhine bouddhiste et musulmans rohingyas dans l'ouest birman ont fait 64 tués, a indiqué vendredi un responsable du gouvernement local. Il a révisé à la baisse un précédent bilan de 112 tués.
75'000 déplacés
Au moins 75'000 personnes, en grande majorité des Rohingyas, avaient été déplacées par la première vague de violence. Des milliers d'autres affluent désormais vers les camps autour de Sittwe, capitale de l'Etat Rakhine. Des structures déjà surpeuplées où les déplacés manquent de nourriture et de soins.
La crise devient problématique à gérer pour le président Thein Sein, au pouvoir depuis mars 2011, et qui a multiplié les réformes. L'ancien général a notamment entrepris des négociations avec les rébellions ethniques, dont certaines sont en conflit avec le pouvoir depuis l'indépendance en 1948.
Tensions vieilles de décennies
Mais les violences de l'Etat Rakhine sont d'une tout autre nature. Elles opposent, dans un des Etats les plus pauvres du pays, deux communautés entre lesquelles les tensions existent depuis des décennies et qui ont plongé dans la violence à partir de juin, avec un bilan officiel total qui approche les 150 morts mais qui est probablement sous-évalué.
L'opinion birmane exprime de façon quasi-unanime une grande hostilité à l'égard des Rohingyas, qui sont environ 800'000 dans l'Etat Rakhine, mais ne sont pas reconnus comme une des minorités officielles du pays.
ats/afp/vtom