La confusion règne autour d'une possible trêve en Syrie
Le médiateur de l'ONU Lakhdar Brahimi a affirmé mercredi avoir obtenu l'accord du régime syrien et des rebelles pour une trêve durant l'Aïd al-Adha, l'une des fêtes musulmanes les plus sacrées qui débute vendredi en Syrie.
Lakhdar Brahimi a toutefois précisé qu'il n'était pas sûr que le cessez-le-feu tienne, tant la méfiance entre les deux camps est grande.
Pas de "décision finale"
Du côté des belligérants, l'annonce a rapidement été nuancée.
A Damas, un bref communiqué des Affaires étrangères a indiqué que "la décision finale" sur un cessez-le-feu serait "prise jeudi". L'Armée syrienne libre (ASL) a pour sa part précisé qu'elle ne se plierait à la trêve que si les troupes cessaient en premier les hostilités.
Un groupe islamiste, le front Al-Nosra, qui a revendiqué de nombreux attentats contre le régime depuis le début de la révolte en mars 2011, l'a lui même catégoriquement rejetée.
Soutien de l'ONU
Le Conseil de sécurité de l'ONU a exprimé son soutien à l'initiative de Lakhdar Brahimi et a demandé à "toutes les parties et en particulier au gouvernement syrien d'y répondre positivement". Plus tôt dans la journée, Lakhdar Brahimi avait demandé un "soutien fort et unanime" du Conseil à ses efforts de médiation.
Un nouvel échec du Conseil entraînerait "une escalade et l'extension" du conflit aux pays voisins, avait-t-il prévenu, en faisant notamment référence aux récents échanges de tirs d'obus entre la Syrie et la Turquie.
Espoir de dialogue
Cette trêve serait un "petit pas" qui peut mener à l'ouverture d'un dialogue politique et à un meilleur accès humanitaire, a estimé devant le Conseil de sécurité le médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe.
Si les combats cessent entre soldats et rebelles durant les quatre jours de l'Aïd al-Adha, il s'agira du premier cessez-le-feu respecté dans ce conflit qui aurait fait plus de 35'000 morts depuis la mi-mars 2011, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).
ats/aduc