L'enquête sur les flics ripoux de Marseille prend de l'ampleur
L'enquête sur les agissements des policiers de la Brigade anti-criminalité (BAC) du Nord de Marseille s'élargit. Les policiers de l'Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN) ont découvert du haschich, de l'argent liquide et divers objets, dont des bijoux cachés dans les faux-plafonds des locaux de la BAC et au domicile de certains agents, soupçonnés de corruption. Douze fonctionnaires de ce service sont en garde à vue depuis mardi (lire ci-contre).
Quinze autres policiers de la même BAC ont également été entendus mercredi avec le statut de témoin dans cette instruction pour "vol et extorsion en bande organisée", "détention, acquisition, transport et cession de stupéfiants", a indiqué jeudi une source proche de l'enquête.
Écoutes téléphoniques
Selon les premiers éléments de l'enquête, les policiers se faisaient en effet remettre des produits stupéfiants ou de l'argent par des trafiquants de drogue ou des vendeurs de cigarettes à la sauvette et fermaient les yeux en échange.
Les enquêteurs de l'IGPN disposent d'enregistrements sonores effectués dans les voitures de patrouille de la BAC, ainsi que d'écoutes téléphoniques.
Faire le tri entre les naïfs et les ripoux
"Comme dans toute enquête policière, il n'y a pas seulement les auteurs qui sont entendus. Il faudra faire le tri entre les ripoux, les naïfs et les innocents", a déclaré jeudi à Reuters Alphonse Giovannini, secrétaire régional du syndicat Unité Police pour la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
"Il n'y a pas eu de laxisme de l'administration, mais une souricière qui a été montée. Il faut laisser travailler les enquêteurs dans la sérénité et ne pas jeter la pierre sur l'ensemble du service de la BAC", a-t-il ajouté. La garde à vue des policiers mis en cause a été prolongée de 48 heures et se terminera vendredi. Ils seront ensuite éventuellement déférés devant la juge d'instruction Patricia Krummenacker.
ats/vtom