L'opposition géorgienne triomphe aux élections législatives
La coalition d'opposition du milliardaire Bidzina Ivanichvili devance le parti du président Mikheïl Saakachvili aux élections législatives en Géorgie, selon des résultats préliminaires partiels, a annoncé mardi la Commission électorale.
Mikheïl Saakachvili ne pourra pas se représenter l'an prochain. [Igor Kovalenko - Keystone]
Système complexe
Après le dépouillement des bulletins dans 35,16% des bureaux de vote pour les 77 sièges sur 150 répartis à la proportionnelle, le Rêve géorgien de Bidzina Ivanichvili recueille 53,15% des voix contre 41,6% pour le Mouvement national unifié de Mikheïl Saakachvili.
La répartition des sièges dépend cependant d'un système électoral mixte qui accorde aussi 73 sièges au scrutin majoritaire, pour lesquels, selon de premiers résultats partiels, le Rêve Géorgien est en tête dans sept des 10 circonscriptions dans la capitale Tbilissi, un bastion traditionnel de l'opposition.
Saakachvili reconnaît sa défaite
Le président géorgien a reconnu sa défaite, alors que Bidzina Ivanichvili avait proclamé sa victoire immédiatement après l'annonce des premiers sondages. Probable futur Premier ministre, celui-ci a appelé mardi le chef de l'Etat à démissionner.
Le parti de Mikheïl Saakachvili, qui domine la vie politique en Géorgie depuis la "Révolution de la rose" en 2003, faisait face à son plus grand défi depuis son arrivée au pouvoir. La lutte politique s'est accentuée après la publication il y a deux semaines de vidéos de scènes de torture de détenus dans une prison de Tbilissi, mettant le parti au pouvoir dans une situation délicate.
Liens avec la Russie
Bidzina Ivanichvili accuse le président géorgien de mettre en place un régime autoritaire. Le milliardaire lui reproche aussi d'avoir déclenché la guerre éclair avec la Russie de l'été 2008, en lançant une offensive contre le territoire séparatiste d'Ossétie du Sud.
Bidzina Ivanichvili est comme Mikheïl Saakachvili favorable à une adhésion de la Géorgie à l'Union européenne et à l'OTAN, mais il plaide aussi pour un rétablissement des relations avec la Russie, interrompues depuis le conflit de 2008.
agences/vtom