Combats sans précédent à Alep entre insurgés et armée syrienne
Des combats d'une ampleur "sans précédent" ont éclaté jeudi après-midi dans la ville d'Alep après l'annonce par les rebelles du lancement d'une bataille décisive pour le contrôle de la deuxième ville de Syrie. Ils ont fait rage jusqu'à vendredi matin, avant de baisser en intensité en début d'après-midi.
Cinq civils et cinq rebelles ont péri vendredi dans les combats et les bombardements, selon un bilan provisoire de l'OSDH.
"Il faut des bombes et nous n'en avons pas"
Un combattant rebelle armé d'un lance-roquettes dans une zone d'Alep ravagée par les combats. [Manu Brabo - Keystone]
"Sur le front de Salaheddine (sud-ouest), nous avons pris une des bases de l'armée régulière. Au moins 25 soldats ont péri dans cette attaque", a rapporté Abou Fourat, l'un des dirigeants de la brigade al-Tawhid, la plus importante unité rebelle d'Alep.
A Salaheddine, les rebelles ont progressé avant de se replier, faute de munitions, selon Abou Fourat. "Pour mener une guérilla de rue, il faut des bombes et nous n'en avons pas", a-t-il déploré.
Le nouvel objectif des rebelles est désormais la mosquée des Omeyyades d'Alep, sur la ligne de front au coeur de la vieille ville. Des combats se poursuivaient à la mi-journée aux abords de l'édifice religieux, a constaté l'AFP.
Selon Rami Abdel Rahmane, président de l'OSDH, les combattants insurgés, originaires de toutes les régions syriennes, ont fait venir "des renforts et des équipements" pour faire face à la puissance de feu des forces gouvernementales. Rebelles et troupes régulières se disputent depuis le 20 juillet le contrôle de la capitale économique du pays, qui était auparavant restée à l'écart de la contestation.
afp/jzim/olhor
La crise humanitaire s'aggrave
Alep, Damas, Homs, Deir Ezzor, Damas-Campagne sont les endroits les plus durement touchés, a affirmé vendredi le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
Des dizaines de milliers de personnes ont été déplacées par les combats, et bon nombre qui avaient déjà abandonné leurs maisons ont dû se déplacer une nouvelle fois, a souligné l'organisation humanitaire.