Déclarations en cascade sur la Syrie à New York
Le conflit en Syrie a été qualifié mardi par le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon de "désastre régional avec des implications mondiales". S'exprimait devant l'Assemblée générale de l'ONU à New York, il a réclamé une action du Conseil de sécurité pour mettre fin aux violences qui ont fait plus de 29'000 morts en 18 mois.
"C'est une menace grave et croissante pour la paix et la sécurité internationales qui réclame l'attention du Conseil de sécurité", a-t-il souligné, appelant à "soutenir de manière ferme et concrète les efforts" du médiateur Lakhdar Brahimi.
Le dossier syrien est bloqué au Conseil de sécurité en raison de l'opposition de la Chine et de la Russie, fidèles alliés du régime syrien, à des sanctions contre Damas. Ces pays ont bloqué à trois reprises des résolutions. "Nous devons mettre fin à la violence et à l'afflux d'armes aux deux camps et mettre en oeuvre le plus vite possible une transition menée par les Syriens eux-mêmes", a souligné Ban Ki-moon.
Punir les responsables
Le président américain Barack Obama a affirmé pour sa part que le régime Assad devait "prendre fin" pour "que soit mis un terme aux souffrances de la population syrienne", appelant à des sanctions en cas de poursuite de la répression. "L'avenir ne doit pas appartenir pas à un dictateur qui massacre son peuple", a-t-il lancé à la tribune de l'Assemblée générale, en présence de dizaines de chefs d'Etat.
François Hollande a dénoncé l'ingérence "inacceptable" de l'Iran en Syrie lors d'une conférence de presse. "Il est clair que nous avons tous les éléments de preuve que l'Iran intervient par des moyens humains et matériels en Syrie", a insisté le président français.
De son côté, Eveline Widmer-Schlumpf a demandé au nom de la Suisse à porter la situation en Syrie devant la Cour pénale internationale (CPI). "La Suisse demande que les auteurs de violations graves des droits de l'homme répondent de leurs actes. L'impunité de ces auteurs n'est pas seulement immorale. Elle compromet aussi le processus de réconciliation qui s'enclenche au sein d'une société après une guerre et favorise donc la répétition des événements", selon elle.
Le Qatar veut une intervention arabe
Parmi les déclarations remarquées, émanant de pays du monde arabo-musulman, la demande de l'émir du Qatar, opposé au régime syrien, a été très remarquée. Cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani, a en effet appelé à une intervention militaire de pays arabes en Syrie pour "faire cesser le bain de sang".
agences/jgal