Les rescapés de l'avalanche au Népal se sentent "miraculés"
Trois des sept alpinistes français rescapés de l'avalanche de dimanche au Népal ont confié mardi, à leur retour en France, leur sentiment d'être des "miraculés", après la mort de leurs compagnons.
"Miraculé, miraculé", a répété à son arrivée Claude Belmas, les mains emmaillotées dans des pansements. "Bien sûr qu'on a peur, tout va très très vite, c'est à la fois très rapide et très long. Mais on se trouve des forces insoupçonnées", a-t-il ajouté, assailli par les médias à son arrivée à l'aéroport de Lyon, où il a été pris en charge par une ambulance après un transit par Paris.
Un camarade mort sous mes pieds
"J'ai vu beaucoup de neige, beaucoup de glace, 600 mètres de chute, un camarade mort sous mes pieds", a ajouté dans un souffle un deuxième rescapé, Arnaud Manel, portant une minerve à sa descente d'avion. "C'est un accident de montagne. C'est sûr qu'il y a cinq de nos compagnons qui sont morts, c'est trop mais ça reste un loisir", a-t-il ajouté, étonné par l'"agitation" médiatique suscitée par son arrivée, avant de repartir avec sa femme et ses quatre enfants, venus l'attendre.
"La montagne, c'est des beaux moments, c'est des moments forts avec des copains. Et puis quand ça se passe bien, c'est super et quand ça se passe pas bien, c'est très triste. Mais ça reste de la montagne", a-t-il insisté.
Le souffle de l'avalanche
Un troisième rescapé, Marc Poncin, se souvient de "l'impression terrible" de l'avalanche approchant: "J'ai entendu l'avalanche arriver sur moi, enfin le souffle de l'avalanche, et puis je me suis fait embarquer", avant le retour au calme, a expliqué ce Grenoblois.
"J'étais en train de monter pour rejoindre mes compagnons qui étaient au camp trois. Je n'avais pas pu monter la veille et j'ai entendu le sérac qui est tombé et puis j'ai été pris dans la fin de l'avalanche", a-t-il raconté.
L'avalanche dimanche à l'aube près du sommet du Manaslu (8'156 m) a fait au moins neuf morts, dont quatre Français, un guide de montagne népalais, un Espagnol, un Allemand et un Italien.
agences/jgal
"Une vision d'horreur", selon deux Italiens
Christian Gobbi, 42 ans, a raconté qu'il parlait avec son ami Silvio Mondinelli, 54 ans, lorsque soudain leurs voix ont été "couvertes par un énorme vrombissement, avant que la tente dans laquelle ils se reposaient ne soit arrachée du sol et emportée". "Ca n'a duré que quelques secondes et nous ne savions pas ce qui se produisait mais nous avons glissé sur plus de 200 mètres avant de nous arrêter", a-t-il déclaré.
Si Gobbi et Mondinelli ont rapidement pu se dégager et sortir de leur tente disloquée mais ils "ne pouvaient rien voir dans la nuit". "Ce n'est que plus tard, lorsque le jour s'est levé", qu'ils devaient découvrir les corps de leur guide népalais et de leur camarade, également italien, Alberto Mariano, ainsi que ceux d'autres compagnons de cordée gisant dans un amas de tentes détruites.
"Nous étions terrifiés, nous ne savions pas quoi faire", a dit Mondinelli qui est considéré par ses pairs comme l'un des alpinistes les plus expérimentés au monde.