La protestation en Europe contre le film anti-islam se fait dans le calme
La vague de protestations contre le film islamophobe "Innocence of Muslims" se poursuivait un peu partout dans le monde samedi, notamment en France, en Allemagne, en Suisse et au Bangladesh (lire ci-contre). Le film a déclenché de violentes manifestations dans le monde musulman, qui se sont traduites par la mort de plusieurs dizaines de personnes, dont l'ambassadeur des Etats-Unis en Libye.
En France, un important dispositif policier était déployé samedi dans plusieurs quartiers de Paris par crainte de manifestations après la publication par "Charlie Hebdo" de caricatures de Mahomet. La situation était calme en début d'après-midi.
Manifestations interdites par les autorités
A Dortmund, la manifestation a réuni près de 1500 personnes. [Marcus Simaitis - AFP]
Plusieurs appels à manifester samedi dans les grandes villes françaises ont été relayés via les réseaux sociaux et par SMS, malgré l'interdiction des manifestations par les autorités. Imams et responsables musulmans avaient déjà appelé au calme vendredi lors de la grande prière.
Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls disait, lui, n'avoir "pas d'inquiétude" mais avoir donné des "instructions très fermes" pour interdire toute manifestation. Deux lieux de rassemblement ont fait l'objet de demandes refusées par la préfecture: les alentours de la Grande mosquée, dans le centre de Paris, et la place du Trocadéro, dans l'ouest parisien.
Forte mobilisation policière
A la mi-journée, alors que les fidèles quittaient dans le calme la Grande mosquée après la prière, une quinzaine de fourgons de police ainsi que des voitures banalisées étaient stationnés alentour, a constaté un journaliste de l'AFP.
Place du Trocadéro, des journalistes ont compté une dizaine de cars de gendarmes mobiles et de police, revêtus de tenues anti-émeutes, protège-tibias et coudières, épaulettes et bâtons.
agences/hof
Un manifestant armé condamné à Paris
Le tribunal a condamné cet agent d'entretien à la SNCF converti à l'islam depuis quatre ans pour port d'arme de 6e catégorie. Il s'était débarrassé d'une matraque télescopique et de quatre torches dans une poubelle du jardin des Tuileries en marge de la manifestation. Il avait été confondu par ses empreintes quelques jours après.
L'homme, marié religieusement, a expliqué s'être rendu à Paris non "pas pour manifester mais pour protéger les frères". Il a expliqué qu'il avait pris une matraque "par prévention" car il craignait que des extrémistes juifs se rendent à cette manifestation pour y perpétrer des violences.