Le présidentiable américain Mitt Romney a provoqué une nouvelle réaction courroucée de l'Autorité palestinienne et le désaveu de la Maison Blanche après avoir assuré, dans une vidéo révélée mardi, que les Palestiniens ne voulaient pas la paix avec Israël.
Le candidat républicain fait déjà face à une polémique aux Etats-Unis avec la publication lundi d'une vidéo filmée à son insu lors d'une réunion de levée de fonds en mai, dans laquelle il évoque la "mentalité de victimes" des électeurs du président démocrate sortant Barack Obama. (Lire: Publication d'une vidéo embarassante pour Mitt Romney)
Pas de relance du processus de paix
Mais Mitt Romney s'était aussi exprimé sur le dossier israélo-palestinien lors de cet événement, dont la vidéo a été publiée dans son intégralité mardi par le magazine de gauche Mother Jones. Pour l'ancien gouverneur du Massachusetts, les Palestiniens "ne s'intéressent absolument pas à la paix" avec Israël et "un cheminement vers la paix est presque absolument impensable". En substance, s'il était élu, Mitt Romney n'interviendrait pas pour tenter de relancer le processus, confesse-t-il. (Voir la transcription en V.O. de l'intervention sur le site du New York Times).
"Vous gérez les choses du mieux que vous pouvez. Vous espérez une certaine stabilité, mais vous reconnaissez que cela va rester un problème sans solution, et vous remettez le problème à plus tard en espérant qu'en fin de compte, d'une façon ou d'une autre, quelque chose va se produire et le résoudre", dit-il.
Réaction palestinienne
Le négociateur palestinien Saëb Erakat a réagi avec vigueur à ces déclarations, les jugeant "inacceptables". "Personne n'a davantage intérêt à la paix que les Palestiniens", a-t-il assuré. Interrogé mardi soir, un porte-parole du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'est, en revanche, refusé à tout commentaire.
Le républicain a aussi mis en cause l'attitude "d'apaisement" de l'administration démocrate dans le dossier nucléaire iranien. Dans la vidéo révélée mardi, le candidat républicain affirme que "l'idée de faire pression sur les Israéliens pour qu'ils donnent quelque chose aux Palestiniens en échange de gestes (de ces derniers) est la pire idée du monde".
agences/pym
Des précédents
Mitt Romney s'était en revanche déjà attiré les foudres des Palestiniens à la suite de sa visite à Jérusalem fin juillet, dans le cadre d'une tournée à l'étranger marquée par une succession de couacs.
Les Palestiniens s'étaient en particulier élevés contre des déclarations jugées "racistes" du candidat républicain, qui avait lancé que l'écart entre leur niveau économique et celui d'Israël s'expliquait par une différence de "culture".
Il avait aussi suscité leur ire en qualifiant Jérusalem de "capitale d'Israël", alors que les Palestiniens souhaitent faire de la partie orientale de la ville, occupée et annexée par Israël, la capitale d'un futur Etat.