La Toile condamne la provocation, mais défend la liberté d'expression
Après les violences constatées au Caire et l'assaut meurtrier de l'ambassade américaine à Benghazi, en Libye, (lire: L'ambassadeur des Etats-Unis et trois fonctionnaires tués en Libye), les journaux et les réseaux sociaux craignent que les rues des pays musulmans ne s'enflamment à nouveau.
Remake des caricatures
Ces événements, entre autres, semblent avoir poussé Channel 4 à renoncer à rediffuser un documentaire historique sur les origines de l'islam, selon The Independant. Intitulé "Islam: The Untold Story", ce film avait suscité une vague de protestation suite à sa première diffusion.
Le Temps, dans un article payant, se demande si, avec "L'innocence des musulmans", on n'est pas en face d'un remake de l'affaire des caricatures de Mahomet. Libération relève de son côté le caractère "volontairement insultant" du film. Mahomet y est présenté sous les traits d'un "idiot, obsédé sexuel".
Islamisation de la Libye
La mort de l'ambassadeur américain en Libye et de trois autres personnes lors de l'attaque du consulat de Benghazi démontre l'"islamisation croissante" de la Libye post-Kadhafi, selon de nombreux commentaires sur Twitter. Certains n'hésitent pas à évoquer la responsabilité d'Al-Qaïda dans ces violences.
Les messages sont également acerbes à l'encontre du réalisateur, un certain Sam Bacile, accusé de mettre de l'huile sur le feu. "Pour qui cet imbécile se prend-il? Theo van Gogh? Salman Rushdie?", réagit ainsi Bobby x. Le film est un "succès car il a provoqué ce à quoi il était destiné: dépeindre les musulmans comme des fous.", lance quant à lui Mohsin Sayeed.
Respect vs liberté d'expression
De nombreuses personnes insistent sur les origines israéliennes supposées du réalisateur-producteur. "Cela n'a pas d'importance que le réalisateur soit un Israélien (...), ce qui importe est notre réaction. Ne pas tomber dans le piège.", leur répond Ali Al Saeed.
Alors que très peu de tweet défendent le film sur le fond, la liberté d'expression est en revanche souvent mise en avant. "A en juger par le trailer, le film sur Mahomet semble être le plus malsain et le plus stupide qui ait jamais été réalisé. Néanmoins, le premier amendement (de la Constitution américaine) protège les cinéastes fous.", affirme ainsi Jeffrey Goldberg.
Didier Kottelat