Des attaques suicide font près de 50 morts en Afghanistan
Près de 50 personnes sont décédées lors d'attentats survenus mardi dans trois provinces différentes d'Afghanistan. Cette journée a été l'une des plus sanglantes de l'année 2012 dans le pays. Si le bilan ne prend en compte que les seuls civils, le 14 août a même été la journée la plus dévastatrice depuis le 6 décembre 2011, quand 84 personnes avaient été tuées lors d'attaques contre la communauté chiite à Kaboul et Mazar-i-Sharif.
Mardi, les frappes ont touché les provinces de Nimroz (sud-ouest), Kunduz (nord) et le Badakhshan (nord-est). Dans les deux premiers cas, des marchés ont été ciblés, causant un maximum de victimes.
Des régions habituellement calmes
Le bilan est terrible à Nimroz, territoire habituellement calme - à l'exception d'une tuerie, peut-être annonciatrice, le 11 août, quand un policier avait retourné son arme contre 11 de ses collègues. Au moins 31 personnes ont péri dans la capitale provinciale Zaranj mardi et une centaine ont été blessées. Trois kamikazes s'y sont fait exploser près d'un bazar où beaucoup de gens s'étaient rassemblés pour faire des courses avant l'Aïd-el-Fitr, les fêtes de fin du ramadan, qui se termine en fin de semaine.
Dans la province de Kunduz, l'une des plus violentes du nord du pays, au moins neuf personnes ont été tuées et 36 blessées, selon la police de ce territoire, quand une bombe, fixée à une moto, a été actionnée à distance dans un marché. Un gouverneur de district a également été assassiné lors d'une embuscade dans le Badakhshan (nord-est), en compagnie de trois gardes et d'un policier,.
Les civils, premières victimes
Ce bilan est très inquiétant, deux des trois territoires touchés mardi étant habituellement épargnés par la violence. "Les attaques contre des musulmans alors qu'ils jeûnent est un signe d'inimitié contre l'islam", a commenté le président Hamid Karzaï, qui a condamné cet attentat "dans les termes les plus forts".
Chassés fin 2001 du pouvoir - auquel ils étaient arrivés en 1996- par une coalition internationale emmenée par les Etats-Unis, les talibans combattent depuis lors le gouvernement afghan et ses alliés de l'OTAN. Les attentats-suicide et les bombes artisanales sont leurs armes de prédilection. Alors que la grande majorité des troupes étrangères quitteront l'Afghanistan à la fin 2014, elles restent, avec l'armée et la police afghanes, les cibles désignées des rebelles. Mais les civils paient le plus lourd tribut au conflit. En 2011, plus de 3000 d'entre eux sont morts dans ces violences, selon l'ONU, le plus lourd bilan en onze années de combats.
agences/lan