Le président égyptien décapite l'armée et lui retire du pouvoir
"Le président a décidé d'annuler la déclaration constitutionnelle adoptée le 17 juin" par le Conseil suprême des forces armées (CSFA), qui dirigeait à l'époque le pays et dans laquelle les militaires s'arrogeaient notamment le pouvoir législatif, a annoncé le porte-parole du président égyptien à la télévision.
La "déclaration" avait été adoptée le jour de la fin du second tour de l'élection présidentielle et avait provoqué une crise politique entre l'armée et les islamistes. Avec le pouvoir législatif, les généraux gardaient un droit de veto sur toute nouvelle loi ou mesure budgétaire et se réservaient aussi un droit de regard sur la rédaction de la future Constitution.
Les Frères musulmans, dont est issu le président Morsi, avaient dénoncé cette "Déclaration constitutionnelle complémentaire" comme "un coup d'Etat institutionnel" du CSFA, dirigé par le maréchal Tantaoui, visant à limiter les prérogatives présidentielles. (Lire: Des milliers de manifestants protestent au Caire contre l'armée)
Mise à la retraite de responsables de l'armée
Mohamed Morsi a également décidé dimanche de mettre à la retraite le maréchal Tantaoui et l'a remplacé au ministère de la Défense par le général Abdel Fattah al-Sissi, le chef des renseignements militaires. Il n'était toutefois pas encore clair si le maréchal, ministre de la Défense de Hosni Moubarak pendant une vingtaine d'années, restait toujours chef du CSFA.
Le chef d'état-major de l'armée et numéro 2 du CSFA, Sami Anan, a également été mis à la retraite, et remplacé par le général Sedki Sobhi. Hussein Tantaoui et Sami Anan ont toutefois tous deux été nommés conseillers auprès du président Morsi, selon les médias officiels.
Mohamed Morsi a finalement également nommé un vice-président, le juge Mahmoud Mekki, qui sera seulement la deuxième personne à occuper ce poste en plus de 30 ans.
Mohamed Morsi, formellement investi le 30 juin, est le premier civil à accéder à la magistrature suprême, dans un pays où tous les présidents sont venus de l'armée depuis la chute de la monarchie en 1952. Depuis son accession au pouvoir, il a alterné compromis et bras de fer avec l'armée pour tenter de s'imposer.
agences/mre