Le chômage atteint des records en Espagne
L'Institut National de la Statistique espagnol a dévoilé un nouveau record du chômage ce vendredi: au second trimestre 2012, l'Espagne compte 24,63% de la population active sans-emploi, soit près de 5,7 millions de personnes. Ce chiffre dépasse le dernier record en date remontant à 1994, lorsque 24,55% des Espagnols étaient au chômage.
Selon le quotidien espagnol El Pais, cette nouvelle montée résulte à la fois de la récession en cours, mais aussi des coupes budgétaires effectuées au sein de l'administration publique. Ce sont en effet 63'000 emplois du secteur qui ont été détruits au cours du trimestre dernier. Une perte en partie compensée, engendrant une destruction totale de 15'900: la chute du nombre de postes disponibles est donc entièrement due aux coupes budgétaires.
Cette mauvaise nouvelle s'ajoute à l'aggravation probable de la récession, dont les chiffres provisoires seront annoncés lundi: selon les prévisions de la Banque d'Espagne, le PIB devrait avoir reculé de 0,4% au deuxième trimestre, contre 0,3% au premier. Le pays, qui a perdu son moteur en 2008 avec l'éclatement de la bulle immobilière, ne semble plus avoir d'espoirs de croissance à moyen terme.
"Pas de sauvetage envisagé"
Pourtant, le gouvernement de Mariano Rajoy nie toute possibilité de sauvetage européen. "Il n'y aura pas de sauvetage, ce n'est pas envisagé", a assuré la porte-parole du gouvernement, Soraya Saenz de Santamaria, lors de la conférence de presse à l'issue du Conseil des ministres.
Le quotidien économique espagnol El Economista évoquait mercredi un plan d'aide de 300 milliards d'euros (360 milliards de francs suisses), qui permettrait à l'Espagne de financer ses déficits au moins pendant un an et demi. Ce plan s'ajouterait à l'aide financière déjà promise par l'Eurogroupe pour les banques espagnoles, et dont le montant pourrait atteindre 100 milliards d'euros (120 milliards de francs suisses).
"L'option du sauvetage (global du pays) est écartée", a insisté la porte-parole du gouvernement.
Alors que le ministre de l'Economie Luis de Guindos a rencontré cette semaine ses homologues allemand et français, Mme Saenz de Santamaria a expliqué que ces contacts portaient sur "le respect des accords adoptés au Conseil européen (de fin juin) et des mesures annoncées qui mènent à une meilleure stabilité de la zone euro, à travers l'union fiscale et monétaire".
afp/ats/mca