Paris mise sur la voiture verte pour relancer la filière auto française
Un plan de soutien à la filière automobile a été présenté mercredi en conseil des ministres par le ministre français du Redressement productif Arnaud Montebourg. Ce projet, marqué par un coup de pouce sur l'achat de voitures écologiques, intervient alors que PSA Peugeot Citroën a annoncé une perte de 819 millions d'euros au premier semestre et s'apprête à supprimer 8000 postes en France. (Lire: Peugeot Citroën, en crise, essuie une grosse perte au premier semestre)
Pour soutenir le secteur, le gouvernement prévoit de faire passer le "bonus écologique" pour les véhicules électriques de 5000 à 7000 euros et de 2000 à 4000 euros pour les hybrides, mais ce bonus sera conditionné au maintien des prix de vente alors que ces voitures peinent à percer en France. Il va par ailleurs augmenter des malus pour véhicules polluants.
Un plan à 490 millions d'euros
Paris envisage également des facilités de financement pour les équipementiers et constructeurs en difficulté face à la baisse des ventes automobiles en Europe, et de réorienter des investissements vers la recherche et développement. En échange de son aide, le gouvernement va demander aux constructeurs automobiles la "pérennisation des sites de production", a insisté Arnaud Montebourg.
Sans tenir compte du malus, le coût total du plan est évalué à "490 millions d'euros" en 2013, a précisé le ministre, mais il sera financé "en grande partie" par le malus, qui portera sur les voitures rejetant le plus de CO2.
L'Etat se veut "exemplaire", avec le choix de véhicules hybrides ou électriques pour 25% des nouvelles acquisitions. "Tout nouveau véhicule à usage urbain sera électrique", précise Arnaud Montebourg. Cela représente un objectif de "11'000 véhicules hybrides ou électriques" par an, soit, au bout de quatre ans "entre 40'000 et 50'000 véhicules acquis", a-t-il indiqué.
Concurrence déloyale
Par ailleurs, Arnaud Montebourg a dénoncé les "actes de concurrence déloyale" des constructeurs automobiles sud-coréens, qui ont augmenté leur part de marché en Europe depuis la signature en octobre 2010 d'un accord de libre échange avec l'Union européenne.
Dans le cadre de cet accord, "nous sommes fondés à demander le déclenchement de mesures de surveillance qui nous permettrons éventuellement de déclencher une cause de sauvegarde", comme l'Europe l'a déjà fait par le passé pour l'acier américain ou russe, a dit le ministre à la presse.
agences/dk
Des réactions contrastées
Le président François Hollande a qualifié ce plan de "cohérent, global" et a salué son "inscription dans la durée" lors du conseil des ministres, selon Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement.
De son côté, l'opposition de droite a jugé le plan gouvernemental décevant car "il ne s'attaque pas au vrai sujet, la baisse du coût du travail", selon l'ex-ministre du Budget Valérie Pécresse.
Les associations Greenpeace, le Réseau Action Climat France et Agir pour l'environnement ont quant à elles dit être "déçues" par le contenu de ce plan qu'elles jugent "insuffisant" en qui concerne l'efficacité énergétique des véhicules. Ces organisations estiment que l'appui aux véhicules électriques ou hybrides est "disproportionné".