Une énorme marée humaine a envahi jeudi soir le centre de Madrid lors d'une manifestation contre le nouveau plan de rigueur du gouvernement espagnol, ont rapporté des journalistes sur place. Les syndicats avaient appelé à manifester dans 80 villes du pays.
Les rassemblements étaient prévus sous le mot d'ordre "Ils veulent ruiner le pays. Il faut l'empêcher", contre ce plan qui prévoit notamment une hausse de la TVA et des coupes dans la fonction publique. "Si tu veux gagner, lutte sans relâche", "Rajoy nous vole", "Je veux un Noël", proclamaient de petites pancartes.
Le mot "NO" illustré d'une paire de ciseaux est devenu le symbole de ces nouvelles coupes budgétaires qui ont déclenché la colère de toute l'Espagne. [DOMINIQUE FAGET - AFP]
65 milliards d'économies
Le malaise des Espagnols, déjà soumis à de lourds sacrifices dans un pays en récession et étranglés par un chômage de près de 25%, est monté d'un cran face à ce nouveau tour de vis.
Le plan annoncé le 11 juillet par le chef du gouvernement conservateur, Mariano Rajoy, pour répondre aux exigences de Bruxelles, prévoit 65 milliards d'euros d'économies jusqu'en 2014, via notamment une hausse de la TVA, la suppression cette année de la prime de Noël pour les fonctionnaires, équivalente à un mois de salaire, et une baisse des indemnités chômage.
ats/afp/vtom
Feu vert du Bundestag à l'aide espagnole
Madrid a officiellement sollicité le mois dernier une aide extérieure pour assurer la recapitalisation de ses banques, qui restent très affaiblies par l'éclatement de la bulle immobilière à la fin des années 2000.
L'Allemagne, première économie de la zone euro, doit garantir près de 30% du montant total de cette aide, dont le montant pourrait atteindre 100 milliards d'euros.