La restructuration de Peugeot Citroën décidée avant la présidentielle
Le président du directoire de PSA Peugeot Citroën, Philippe Varin, a reconnu, vendredi sur RTL, que la décision de fermer l'usine d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) avait été prise avant l'élection présidentielle, mais son annonce reportée parce qu'il "n'était pas question d'en faire un enjeu de la période électorale".
La déclaration de Philippe Varin a provoqué une polémique politique, la gauche accusant la direction de PSA d'avoir agi sur demande de Nicolas Sarkozy pour ne pas gêner ce dernier durant la campagne. Vendredi, la presse française s'est globalement dite choquée par la restructuration annoncée. Lire: La restructuration de PSA choque la presse de l'Hexagone.
Philippe Varin a aussi attaqué vendredi le coût du travail en France, dont il réclame une baisse "massive". "Pour restaurer nos marges, il y a une marge de flexibilité sur le coût du travail. Nous avons le coût du travail le plus cher en Europe et nous produisons 44% de notre production en France", a-t-il avancé.
Mesures "indispensables"
Les grands principes du plan de 8000 suppressions de postes annoncé par le constructeur automobile français PSA Peugeot Citroën sont "indispensables", même s'il est possible de discuter, a déclaré vendredi le directeur général des marques du constructeur, Frédéric Saint-Geours.
"Dans le plan, il faudra que nous discutions (...) de la mise en oeuvre du plan, mais sur les grands principes (...), ces mesures sont indispensables", a déclaré Frédéric Saint-Geours sur la radio France Inter. Peugeot promet notamment d'aider au reclassement de tous les salariés touchés.
Explications de François Hollande samedi
François Hollande devra apporter dès samedi des éléments de réponse, lors de la traditionnelle interview télévisée à l'occasion de la fête nationale du 14 juillet.
Jeudi, le ministre du Redressement productif, un portefeuille précisément créé pour relancer l'activité industrielle en France, Arnaud Montebourg, a jugé que le plan du constructeur automobile n'était "pas acceptable en l'état". Et il l'a appelé à son "devoir" envers la "nation France". Il s'est aussi dit décidé à examiner le bien fondé des décisions de PSA, un expert ayant déjà été nommé.
Les syndicats attendaient vendredi des détails du plan lors des comités d'établissement prévus sur chaque gros site. A Aulnay, les ouvriers du matin ont repris leur poste. "L'idée, ce n'est pas de se lancer dans une grève tout de suite, mais on va donner rendez-vous en septembre", après le mois de vacances d'août, Jean-Pierre Mercier, délégué CGT du groupe.
agences/pbug
Tendance générale en France
Le géant pharmaceutique Sanofi envisage ainsi de supprimer "plusieurs milliers" d'emplois, a indiqué jeudi Arnaud Montebourg, qui a qualifié ce projet "d'abusif", alors que le groupe a fait en 2011 "cinq milliards d'euros de bénéfices".
Et le numéro un mondial de la sidérurgie ArcelorMittal a fait part jeudi de son intention de procéder à "une optimisation des fonctions supports" de son activité d'aciers plats en Europe, afin d'améliorer sa compétitivité, ce que les syndicats interprètent comme la menace de milliers de suppressions d'emplois.