Syrie: vingt-huit morts dans des explosions à Alep
10.02.2012 17:52La ville, important carrefour commercial, avait été jusqu'ici relativement épargnée par les violences qui secouent le pays depuis onze mois. Selon la télévision, "deux explosions terroristes" ont visé une antenne des services de renseignement militaires et une base des forces de sécurité.
D'autres sources font état de trois déflagrations
L'Observatoire syrien des droits de l'homme, qui appartient à l'opposition, fait par contre état de trois déflagrations, citant des témoignages d'habitants qui ont signalé aussi des coups de feu. Un habitant contacté par Reuters a déclaré qu'une zone située autour d'un complexe des renseignements militaires dans le quartier du Nouveau Alep avait été bouclée.
Un reporter de la télévision d'Etat, filmé en direct devant un des bâtiments visés, a déclaré que l'explosion avait été entendue dans un rayon de 20 kilomètres. Les dégâts montrés dans le reportage suggèrent que la bombe a pu être actionnée dans la rue devant le bâtiment de plusieurs étages. Un mur d'enceinte en béton est fortement endommagé. Au moins une voiture garée à proximité a été calcinée.
Soulevant les couvertures recouvrant des cadavres sur le trottoir, le reporter a montré à la télévision un corps à la tête arrachée et d'autres restes humains, dont un torse démembré. "Nous sommes désolés de montrer ces images, mais c'est le terrorisme qui nous vise", a-t-il déclaré, ajoutant que des enfants figuraient parmi les victimes.
Manipulation du régime, selon des opposants
La commission générale de la Révolution syrienne (CGRS), un groupe d'opposition, a accusé le régime affirmant que les attaques à Alep sont "une nouvelle mise en scène réalisée par le régime". Des images violentes diffusées par la télévision ont montré des corps déchiquetés et démembrés, des gravats sur le sol souillés de sang, près d'un bâtiment de cinq étages éventré.
L'armée syrienne libre (ASL), qui regroupe les militaires dissidents, a également accusé le régime syrien d'avoir commandité ces deux attentats "pour détourner l'attention" de la répression.
Ces attaques surviennent alors que les forces du régime poursuivent la répression de la révolte populaire envoyant les chars prendre d'assaut les villes insoumises, notamment Homs où plus de 50 personnes ont péri jeudi.
Elles interviennent aussi avant des manifestations prévues à travers le pays, comme tous les vendredis depuis le début le 15 mars de la contestation, à l'appel des militants pro-démocratie qui entendent cette fois-ci dénoncer le soutien de Moscou au régime de Bachar al-Assad et son veto à l'ONU.
Neuf personnes ont perdu la vie vendredi sur d'autres fronts
Sur les autres fronts de la contestation vendredi, quatre civils ont été tués par les tirs des forces de sécurité à Homs, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Par ailleurs, "quatre soldats dissidents ont été tués dans des affrontements avec l'armée régulière qui se sont déroulés vendredi matin", à Dmeir, au nord-est de Damas, toujours selon l'OSDH.
En outre, dans la région de Deraa (sud), un soldat au moins a été tué dans des affrontements avec des déserteurs à Inkhel, selon la même source.
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agences/jzim