Homs: 6e jour de bombardements, plus de 80 morts
10.02.2012 12:09"Cinquante-trois civils ont été tués dans de violents bombardements sur Homs, dont 35 dans le quartier de Baba Amr, et onze (...) dans le pilonnage de leurs maisons dans le quartier d'Inchaat", a affirmé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Les troupes syriennes ont pilonné Homs avec acharnement jeudi, au 6e jour d'un assaut destiné à faire plier cette ville rebelle. Entre samedi et mercredi soir, plus de 400 civils y ont été tués, selon le chef de l'OSDH Rami Abdel Rahmane.
Déluge de roquettes
"Les roquettes pleuvent sans arrêt sur Baba Amr", un quartier de Homs, a indiqué un militant sur place, Omar Chaker. "Certains immeubles sont totalement détruits. Homs est une ville (...) fantôme", affirme Jad al-Homsi, un autre militant, qui estime que les armes des membres de l'Armée syrienne libre (ASL, déserteurs) "ne font pas le poids face aux roquettes du régime", dit-il.
Le président américain Barack Obama a dénoncé le "bain de sang atroce" qui est selon lui en cours en Syrie, à l'occasion d'une rencontre à la Maison Blanche avec le Premier ministre italien Mario Monti.
Outre Homs, les troupes mènent des opérations contre d'autres foyers de la contestation, comme à Deir Ezzor (est), Zabadani et Madaya, à 40 km au nord de Damas, Idleb (nord-ouest), et des villes de la province de Deraa (sud). Ainsi, dix civils ont péri à Zabadani, quatre à Idleb, un à Deraa et sept à Khaldiyé, près de Damas.
Par ailleurs, sept membres des forces de sécurité ont été tués et douze blessés dans une embuscade tendue par des déserteurs sur la route reliant Deraa à Damas, selon l'OSDH.
"Soutien" russe condamné
Comme chaque semaine depuis le début de la révolte contre le régime de Bachar al-Assad à la mi-mars 2011, les militants pro-démocratie ont appelé les Syriens à manifester en masse vendredi. Cette fois-ci, ils entendent dénoncer l'appui de la Russie au régime et son veto à un projet de résolution du conseil de sécurité de l'ONU condamnant la répression.
"La Russie tue nos enfants. Ses avions, ses chars et son veto aussi tuent nos enfants", ont-ils écrit sur la page Facebook "Syrian Revolution 2011".
Le Conseil national syrien (CNS), principale formation de l'opposition, a estimé que la Russie avait "besoin de recouvrer sa crédibilité auprès du peuple syrien en usant de son influence sur le régime" pour faire cesser immédiatement les tueries et négocier le départ du président Assad.
Le CNS a tenu jeudi des réunions au Qatar sous la présidence de Burhan Ghalioun pour débattre des développements politiques "avant deux réunions importantes, celle du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et celle de la Ligue arabe", prévues dimanche au Caire, a précisé l'un de ses membres.
afp/rber/jzim