Heurts sporadiques au centre du Caire
05.02.2012 13:10Des groupes de dizaines de manifestants ont continué pour le troisième jour consécutif de lancer des pierres sur les forces anti-émeutes près du ministère de l'Intérieur au centre du Caire.
Dans l'après-midi, des manifestants ont essayé de s'interposer entre leurs camarades et la police qui tirait des gaz lacrymogènes et à la chevrotine, mais les affrontements ont repris dans le centre du Caire, à quelques mètres de la Place Tahrir. En fin de soirée, la situation s'est calmée mais la tension était palpable parmi les centaines de personnes encore dans les rues.
Le ministère se situe dans le secteur de la célèbre place Tahrir, haut-lieu de la révolte contre le président Hosni Moubarak de janvier et février 2011, resté depuis lors le site privilégié des nombreuses manifestations qui ont jalonné le difficile processus de transition.
Douze morts et 2500 blessés
Ces affrontements ont fait au total 12 morts depuis jeudi au Caire et à Suez, ville portuaire sur le canal du même nom à l'est de la capitale, selon le ministère de la Santé. Certaines victimes sont mortes asphyxiées par les gaz lacrymogènes, d'après des sources médicales.
Cinq personnes ont été blessées dans la nuit lors de heurts à Alexandrie, deuxième ville du pays, sur la côte méditerranéenne, selon la presse gouvernementale. Le ministère de la Santé a quant à lui fait état de 2532 blessés au total depuis jeudi. Selon le pouvoir, 211 policiers ont été blessés.
Les manifestants, parmi lesquels de nombreux supporters de clubs de football, surnommés les "ultras", réclament la fin du pouvoir militaire qui tient les rênes du pays depuis la démission de Hosni Moubarak le 11 février 2011. Les "ultras", bien organisés et politisés, ont participé à de nombreuses manifestations contre le pouvoir militaire au cours des derniers mois.
"Ingérence politique" dénoncée
Le drame de Port-Saïd mercredi soir a fait 74 morts et des centaines de blessés, après la première défaite de la saison pour le célèbre club cairote Al-Ahly face aux locaux d'Al-Masry (3-1). Le gouvernement a annoncé jeudi qu'il allait limoger la direction de la fédération égyptienne de football, et la télévision d'Etat a indiqué samedi qu'ils avaient remis leur démission.
Le pouvoir a également démis de leurs fonctions le gouverneur de Port-Saïd et plusieurs hauts responsables de la sécurité de la ville. Mais l'affaire a pris une dimension politique avec des appels à la démission du ministre de l'Intérieur et une relance de la contestation contre le pouvoir militaire accusé de chercher à maintenir les privilèges et l'influence de l'armée.
Les Frères musulmans, qui dominent l'Assemblée, ont quand à eux évoqué la possibilité que les heurts de Port-Saïd aient été provoqués par des partisans de Hosni Moubarak. Le président de la Fédération internationale, Sepp Blatter, a dénoncé l'existence d'"ingérence politique" dans le football en Egypte et rappelé l'opposition de la FIFA à toute intervention de ce type.
afp/dk/rber