Birmanie: droit de grève et de se syndiquer adoptés
14.10.2011 10:24Le parti dissous d'Aung San Suu Kyi et l'ONU saluent ces changements. Le texte, qui a été voté récemment par les deux chambres du parlement birman, abolit la loi sur les syndicats de 1962. Il est entré en vigueur cette semaine après la signature apposée par le nouveau président birman Thein Sein, ont indiqué des responsables.
"Les travailleurs (à l'exception des militaires et des policiers) auront le droit de former des organisations syndicales (d'un minimum de 30 membres) et de faire grève, en accord avec la loi", a précisé un responsable gouvernemental sous couvert de l'anonymat. Ils pourront également organiser une grève avec un préavis de 14 jours, en précisant notamment le nombre de participants.
Est exclu de ce droit de grève le personnel de services jugés essentiels, par exemple liés à la distribution de l'eau et de l'électricité, les services de santé, les télécommunications ou encore les pompiers. La loi permet toutefois d'empêcher la fermeture des lieux de travail.
Avancées majeures
"Nous ne pouvons pas dire que tout soit bien dans la nouvelle loi, mais nous devons la saluer", a estimé Nyan Win, avocat et porteparole de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti dissous de l'opposante birmane Aung San Suu Kyi.
L'Organisation internationale du travail (OIT) s'est également félicitée. "Sur le principe (...) la loi est une avancée majeure", a estimé Steven Marshall, responsable en Birmanie de cette agence. Il a cependant reconnu qu'il faudra du temps pour que le changement se mette en place: "c'est une nouvelle approche et une nouvelle culture, nous ne verrons pas de changement immédiat du jour au lendemain".
Pour rappel, les autorités birmanes ont procédé mercredi à une vaste amnistie de prisonniers. Environ 200 prisonniers politiques ont ainsi été libérés, dont quelques opposants de longue date. (Lire: La Birmanie va amnistier 6300 prisonniers et Birmanie: le dissident Zarganar et 120 prisonniers politique libérés).
ats/afp/olhor
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L'ONU DEMANDE LA LIBERATION RAPIDE DES PRISONNIERS
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'est "réjoui" jeudi de l'amnistie accordée par le gouvernement birman à 6300 personnes, dont 206 prisonniers politiques. Mais il a demandé "la libération rapide de tous les prisonniers politiques".
"Le secrétaire général se réjouit de la libération d'un certain nombre de personnalités connues", a indiqué son porte-parole Martin Nesirky. "Il espère que le gouvernement va s'assurer que ce processus débouche sur la libération rapide de tous les prisonniers politiques", a-t-il ajouté.
L'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP), dont le siège est en Thaïlande, a fait état de la libération de 206 prisonniers politiques, dans le cadre d'une amnistie générale de 6300 personnes. P
lusieurs dissidents historiques sont restés derrière les barreaux et le nombre total de prisonniers politiques dans le pays était estimé jusqu'à présent à environ 2000 - opposants, journalistes, avocats, artistes ou moines bouddhistes.
Le président Thein Sein, entré en fonction en mars à la suite de la dissolution de la junte militaire, tente depuis quelques semaines de prouver qu'il est décidé à s'engager vers de profondes réformes.